Auxiliaire de Vie Sociale
EN COURS D'ÉLABORATION
Chagall
Le 07 septembre 2011
TOUJOURS EN COURS D'ÉLABORATION
Mais avec vous tous
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Assistante de vie
Âgée de 55 ans, j'exerce le métier d'assistante de vie (niveau 2 et 3) depuis 1989.
Pour la première fois depuis cette date, je suis dans le doute, dans l'interrogation, dans l'inquiétude...
Sans travail (mis à part des CDD) depuis le 07 mai 2008, suite au décès de mon employeur que j'ai -que nous avons- accompagné - durant 8 ans, je ne me reconnais pas dans les offres d'emploi, dans les missions proposées par l'association grâce à laquelle je travaille depuis au moins 15 ans, je ne reconnais pas ce métier, certes difficile, parfois ingrat, contraignant, mais combien enrichissant, passionnant, humain...
Depuis 1989, j'ai accompagné des personnes en phase terminale de cancer, des personnes atteintes de la maladie de Parkinson, et, en grande majorité (hélas !) des patients atteints de la maladie d'Alzheimer.
Pourquoi ce blog ?
Parce que je refuse que mon travail se résume à "l'aide aux actes de la vie quotidienne", à "l'aide à la toilette", à "l'entretien courant du lieu de vie"...
Il est bien autre chose : il doit contribuer à rendre un peu de joie, de bien-être, de vie sociale et personnelle à ceux et celles frappés par des maladies qui, peu à peu , les privent de leur autonomie, de leur passé mais aussi de leur présent...
Chaque accompagnement est différent, chaque patient est différent, nous devons nous adapter à chacun d'entre eux, savoir écouter et entendre chacun d'entre eux... Savoir aussi écouter et entendre les demandes et la détresse des familles qui sont bien seules - sur tous les plans - pour faire face, pour décider de la prise en charge, pour organiser -et financer- ce que représente le maintien à domicile d'un proche dépendant.
Le vide se fait autour de nos patients et de leur famille : plus de visites, plus de coups de téléphone, plus de liens sociaux,
il ne leur reste plus que quelques souvenirs lointains...
Rien de cela n'a sa place dans un CV : je peux énumérer "toutes les missions" qu'il m'a été donné de remplir, je peux y écrire -justement- que je sais faire le ménage, les courses, préparer des repas équilibrés, que je sais faire une toilette -sous la douche, assise ou au lit- que je sais gérer un budget etc, etc...
Mais dans un CV, est-il possible d'exprimer la disponibilité pour s'ouvrir à l'autre, quel qu'il soit, quelque soit son handicap ?
Peut-on évoquer la qualité d'écoute nécessaire pour recevoir et donner ? Ce métier n'est qu'échanges et ne porte ses fruits que dans la confiance et le respect partagés.
A mon sens, l'essentiel de notre travail, est de redonner confiance à nos patients, à leur proches, redonner le sourire, savoir créer des espaces de repos, de répit, de mieux-être, des espaces où l'affectivité est présente, perceptible, sensible.
Les tâches ménagères ? Elles sont indispensables, nécessaires mais elles doivent être accomplies dans le même état d'esprit, elles doivent être porteuses du même message, elles doivent témoigner du même respect de la personne accompagnée.
Ce ne sont pas des "corvées" à faire de mauvaise grâce, elles ne sont pas dégradantes, elles ne sont ni secondaires ni primordiales : elles s'intègrent à un tout, elles doivent permettre aux patients de vivre dans le cadre qu'ils ont choisi, de la façon qu'ils ont choisi : c'est leur conception de leur environnement qui doit être respectée et maintenue.
Tant de choses à dire sur ce travail, sur son organisation, sur sa perception, sur sa non-reconnaissance sociale.
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Assitante de vie : comment je le suis devenue
Tout naturellement, presque par inadvertance,
En 1989, un ami m'a demandé si je pouvais "dépanner" un couple de ses amis, en l'attente d'une solution plus stable...
J'ai alors découvert, pas à pas, l'attention portée à une malade en fin de vie, l'importance de la qualité de l'écoute. J'ai compris que la souffrance n'éteint pas le rire, qu'une fleur offerte est plus importante que mille phrases convenues, que les liens se tissent doucement, sans efforts quand les gestes du quotidien sont accomplis avec générosité et compréhension...
Que la confiance s'établit lorsque l'on veut, très profondément, très sincèrement, s'en montrer digne.
Qu'il est beaucoup plus difficile de faire apparaître un sourire que de "faire la vaisselle" , qu'il est beaucoup plus difficile d'apaiser les angoisses, les inquiétudes que de "faire le ménage".
Je suis donc restée auprès d'elle jusqu'à la fin, et j'ai voulu continuer sur cette voie, voulu continuer à donner à chaque geste du quotidien un autre sens, une autre raison d'être, une autre dimension.
Dans notre métier, c'est le sens que nous donnons à nos actes qui est premier, essentiel : les mots ne sont plus signifiants, les repères sont autres. "Faire la toilette", n'est pas seulement rendre propre un corps : c'est un moment privilégié de la relation, un instant de détente, de confiance partagée, de douceur et d'abandon.
Bientraitance pour tous
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Assistante de Vie : parcours professionnel
Donc, dès 1989, je me suis présentée à la responsable d'une association d'aide à domicile : depuis, je n'ai cessé de travailler... et d'y croire...
Missions plus ou moins longues, plus ou moins difficiles.
Chaque patient est particulier, chaque situation est singulière...
Parenthèse enfantine et combien heureuse !!!
Décembre 1993 - Février 1996
J'ai été employée à temps complet chez des particuliers en tant que femme de ménage et "nounou", d'un bébé que j'ai eu le bonheur de voir devenir petit garçon : j'ai toujours un souvenir ému de ses premiers pas, de l'apprentissage de la propreté, de son visage souriant et malicieux... De sa vive intelligence aussi, de sa précocité...
Amghar : Le Vieux, Le Chef
Le dernier accompagnement auquel j'ai contribué
de mai 1999 à mai 2008
Un peu plus de huit ans...
J''ai commencé "cette mission" alors que la patiente, venait de recevoir le diagnostic tant redouté de maladie d'Alzheimer était encore partiellement autonome et nous sommes restées (pour certaines d'entre nous) à ses côtés jusqu'au dernier moment...
Nous avons donc dû nous adapter à chaque étape de l'évolution de la maladie : nous avons parcouru le chemin qui va d'une autonomie partielle à la perte totale de la parole et de la mobilité, à la dépendance absolue.
Dans un premier temps, mon rôle essentiel était de lui permettre de continuer à vivre "le plus normalement possible" : aller au cinéma, assister aux expositions de peinture, continuer à jouer au bridge avec ses amis, se promener dans ses lieux favoris, garder le lien avec son passé, rester en relation avec le monde extérieur...
Le plus difficile était de ne pas la laisser être submergée par ses angoisses, sa peur, ses doutes... De la réconforter et de lui offrir des instants de paix -ou d'apaisement- des moments de complicité, de détente...
Puis les forces ont progressivement diminué, la perte d'autonomie est devenue totale, les centres d'intérêts ont disparus un à un, la parole s'est éteinte...
Nous avons appris à déchiffrer le regard, à interpréter les gestes, à décrypter les signes... les yeux ont presque toujours gardé leur expressivité, le visage traduit les humeurs.. Nous nous connaissions bien, il y a toujours eu communication...
S'il y a eu des "moments d'absence" , des moments où nous la pensions "ailleurs", toujours il y a eu aussi des moments de présence intense, palpable...
Van Gogh Nuit étoilée
Nous nous sommes battues, jusqu'au bout de nos forces et de ses forces quand la mobilité devenait problématique et incertaine, nous avons imaginé tous les possibles pour quelques pas sécurisés, puis pour juste être debout....
Puis nous en sommes arrivées au nursing, aux transferts du lit "au relax" et au fauteuil roulant : mais toujours, au cours d'une journée, d'une nuit, nous avons trouvé un sourire, un éclat dans les yeux, un signe de contentement... ou de lassitude, le besoin de repos, de s'abandonner...
CV : disponible par mail
Assistante de Vie : qui je suis ?
Laissons-nous guider par les photos :
Je suis née en Vendée, non loin de la côte atlantique, en janvier 1953.
J'ai été une (très) bonne élève : en 3ème, j'ai passé avec succès le concours à d'entrée à l'École Normale d'Institutrices.
J'ai obtenu mon Bac (littéraire, appelé alors F4) en 1973, et j'ai effectué deux années d'études de Formation pédagogique.
Pour des raisons d'ordre privé, j'ai dû renoncer à l'enseignement et me consacrer à ma famille.
Choix douloureux, parfois difficile à assumer...
J'ai quitté ma Vendée natale en 1984, et suis venue vivre à Paris.
J'ai eu l'opportunité de pouvoir m'inscrire à un stage de reconversion professionnelle pour devenir secrétaire médico-sociale : si cette formation ne m'a pas permis de trouver du travail dans ce domaine (à peine une initiation en informatique), elle m'a beaucoup apporté et m'a permis de reprendre contact avec la vie active.
Nous avons notamment bénéficié de cours d'anatomie, au cours desquels nous avons abordé nombre de pathologies et acquis les connaissances de base qui, aujourd'hui me sont précieuses.
Diplôme de fin de stage : équivalence du Bac F8
blessure : calligraphie
Mes centres d'intérêt :
Je suis très curieuse : j'ai besoin d'apprendre, de comprendre, de découvrir, de me remettre en cause...
Le temps ne nous permet pas de tout explorer, les limites financières sont là, elles aussi...
J'ai toujours été une passionnée de lecture, littérature, poésie, théâtre.
Je suis souvent émue, voire bouleversée, face à des tableaux, figuratifs ou abstraits. Émerveillement lors de la rencontre avec les œuvres de Zao Wu-Ki, d'Odilon Redon, fascination pour un des auto-portraits de Van Gogh, émotion particulière devant les toiles de Nicolas de Staël...
Jusqu'en 2005, je rêvais du Sahara : la vie m'a accordé de pouvoir y poser les pieds, les yeux et d'y laisser mon cœur...
Tout d'abord, dans le Sud-algérien, puis au Niger... le Niger m'a permis de concilier quatre passions : le désert, le Peuple Touareg , la peinture, et la poésie J'y ai rencontré un ami peintre et instituteur, un ami poète et infirmier.
Cela m'a amenée à découvrir l'ordinateur, Internet, l'informatique. Merveilleux outil d'ouverture, d'expression, de communication....
LE SILENCE DU TAMBOUR-MAJOR
Jeudi 16 avril 2008 / Au bout du petit matin... / L'immensité du désastre / L'humanité retient son souffle / Des larmes sur les cinq continents / Les océans stagnent / Les fleuves suspendent leurs cours / Tambours, koras et balafons / Ravalent leurs sons / Les rois des forêts, savanes et déserts / Retiennent leurs gestes / Qui se figent / Et même les oiseaux au fond du ciel // Immobilisent leur envol / Les chiens se taisent ... / La tragédie des rois... / La tempête sanglote, / LUMUMBA tourne dans sa tombe / Un Nègre / Un très grand Nègre Se retire / Un poing ferme et dur / Un poing de fraternité et de dignité / S'en va / Mais la Révolte / La Révolte demeure / Aimé Césaire
Rhissa Rhossey
Les naufragés de Alzheimer
J’aime ces gens étranges.
Des trous de plus en plus profonds se creusent dans leur mémoire.
Des trous qui se remplissent de peurs, présentes ou passées, de plaies jamais guéries.
Des trous qui délogent les interdits et les normes, d’où émergent des élans de vérité.
Cette vérité commune à tous quand les masques ont fondu.
Vérité nue, crue, intolérable, parfois cruelle.
Vérité qui aime et déteste sans contrainte.
Ce que la raison camoufle, Alzheimer le fait éclater au grand jour.
L’inconscient se lézarde. Les blessures enfouies refont surface.
Les photos flétries reprennent vie, comme les rêves révèlent ce que nous taisons le jour.
Le temps passé devient présent. Et le présent n’est que l’instant.
J’aime ces gens étranges. Leur raison déraisonne.
Ils sont les délinquants de la comédie humaine.
Le cœur ne fait pas d’Alzheimer. Il capte l’émotion et oublie l’événement.
Saisit l’essentiel et néglige l’accessoire. Sent la fausseté des gestes et des paroles.
Fuit le pouvoir et réclame la tendresse.
Plus je partage leur vie, plus je sens des trous tout aussi profonds à l’intérieur de moi.
On les dit confus et pourtant, à leur insu, ils me reflètent crûment mes parts d’ombre et de lumière.
Deviennent mon propre miroir: miroir de mes peines camouflées, de mes désirs enfouis, de mes fantaisies réprimées, de ma liberté aux ailes cassées.
J’aime ces gens étranges. Ils ont le mal de leur enfance comme on a le mal du pays.
Ils cherchent, cherchent... jusqu’au jour où leur silence devient un cri insupportable.
J’aime ces gens étranges. Comment arriverai-je à vivre sans eux? Comment? Comment?
Les larmes de la mémoire
Le monde a changé, pas la souffrance, pas ma révolte
Âge : 57 ans. Bien trop tôt pour la retraite. bien trop tard pour travailler
Mais déjà, fatigue psychologique, physique : dos douloureux, moins de force physique pour manipuler les personnes malades, handicapées, grabataires.
J'ai eu la chance, durant toutes ces années d'activité professionnelle d'accomplir des missions où le patient était au cœur de nos préoccupations : famille, personnel aidant, soignants (service infirmier), médecin traitant, responsable de l'association mandataire.
Chacun d'entre nous était plus disponible : nous pouvions échanger,nous compléter, nous épauler, créer un climat de confiance, de sécurité, envisager les solutions le mieux adaptées pour la personne aidée.
Nous avions la responsabilité d'une personne, d'un être humain, démuni, souffrant. Nous pouvions lui apporter, ainsi qu'à sa famille réconfort, une autre approche de la maladie ou du handicap, espoir d'un mieux-être ainsi qu'à son entourage proche.
il était des nôtres, notre famille
LE MONDE A CHANGÉ
Mais pas la maladie, pas la souffrance des personnes, pas le désarroi des familles, pas les pathologies liées au grand âge, pas les pathologies telles les maladies neurologiques dégénératives, pas les souffrances et les contraintes souvent insurmontables que doivent assumer les proches.
Mais la conception "du maintien à domicile" : oui
La qualité des interventions des aidants : oui
Nous sommes confrontées au manque de moyens des personnes malades, handicapées, à l'incurie des pouvoirs publics.
Les problèmes que rencontrent le monde institutionnel (hôpitaux, EHPAD, Associations), le manque de personnel soignant et aidant (infirmiers, aides-soignants) rejaillissent sur la qualité des soins dont doivent bénéficier les personnes dans le cadre du maintien à domicile.
Plus il y a d'associations dites "d'aide et de maintien à domicile", moins nous avons de prestations dignes de ce nom à proposer aux personnes démunies, aux revenus modestes ou moyens.
Seules les personnes très aisées ou fortunées peuvent espérer un accompagnement adapté, humain, respectueux, tourné vers la vie avec son cortège de difficultés et de souffrances mais aussi ses joies, l'affection et le respect partagés, l'intégration des patients à la vie sociale , familiale et amicale.
Quand j'ai commencé à exercer, nous parlions, avec nos responsables de Mr ou Mme Untel, nous travaillions en partenariat avec son entourage, nous réfléchissions ensemble pour déterminer la meilleures solution pour chaque personne : maintien à domicile ou placement en maison médicalisée, selon la situation familiale de la personne (trop grand isolement, trop de repli sur soi-même, besoin de soins et de sécurité).
Ce que nous oublions
" Certes, la vieillesse peut-être considérée comme un naufrage pour notre corps périssable, mais jamais pour notre esprit qui, à l'instant même de se déconnecter, de s'éteindre, de se dissoudre à jamais dans l'immensité du temps et de l'espace, projette en nous et autour de nous, les dernières fulgurances, les dernières harmonies, les derniers enchantements d'une symphonie qui s'achève.
La vieillesse, amis vieillards, mes frères du noble et dernier âge, la vieillesse est un immense et somptueux privilège un trésor inestimable, une période grave et riche que la nature nous confie et dont le destin nous gratifie." .
Aujourd'hui, un seul crédo : LE MAINTIEN A DOMICILE à n'importe quel prix, dans n'importe quelles conditions.
Les hôpitaux n'acceptent plus - n'ont plus les moyens d'accepter- de longs séjours pour les personnes âgées et/ou handicapées et malades. Nous les recevons à leur domicile, après une hospitalisation liée à un épisode aigu dans des états et situations déplorables, inhumaines qui mettent leur vie en danger.
Une personne hospitalisée pour un malaise, suite à une chute ou accident parfois bénin, nous revient avec des escarres, parfois "creusés jusqu'à l'os". Si des soins infirmiers sont prescrits et effectués, ils s'avèrent toutefois inutiles et inefficaces lorsque la personne aidée ne peut s'offrir la présence d'un aidant qui assure les soins d'hygiène, la mobilisation, la faire marcher ou assurer les changements de positions fréquents.
Depuis bien longtemps maintenant, on ne m'a proposé "un accompagnement " mais les associations nous recrutent pour prendre en charge " UN DOSSIER "
Notre métier consiste " A GARDER LE DOSSIER " quelque soit la situation humaine, quelques soient les conditions, quel qu'en soit le danger pour la personne à aider :
COLÈRES
Je vous parle, entre autre exemple de Mme C.P. : hospitalisée suite à de graves brûlures aux jambes, nous devions intervenir 7/7jours, 3 fois 1H 1/2 par jour
Mission : entretien de l'appartement et du linge, courses et préparation du repas. Cette dame, âgée, blessée, douloureuse, handicapée pour se déplacer, troubles psychiatriques diagnostiqués mais dont nul n'a songé à nous avertir. Nous devions aussi et avant tout : être à son écoute, faire sa toilette (sans linge de toilette ! ) avec mille précautions tant elle souffrait, la mobiliser assurer les soins d'hygiène et de confort....(elle se déplaçait difficilement et lentement avec un déambulateur,)
Cette dame est rentrée de l'hôpital sans que son retour chez elle n'ait été préparé.
Les temps modernes
Nous - assistantes de vie et infirmières - n'avons cessé d'alerter :
- sur ses souffrances intolérables (elle hurlait dès que l'on devait la toucher), l'aggravation des escarres faute de présence d'aidant indispensable pour la faire marcher, aggravation des troubles psychiques car elle avait besoin d'être guidée et aidée pour tout acte du quotidien.
- d'une part son médecin traitant pour signaler les souffrances et demander leur prise en compte. Elle souffrait d'escarres fessiers importants et infectés, de plaies aux jambes pour lesquelles un service infirmier intervenait le matin.
- d'autre part, la responsable de l'association car nous voyions bien que cette personne ne pouvait rester aussi longtemps seule sans se mettre en danger (glisser de son fauteuil, se déshydrater, se déprimer, se souiller -non par incontinence- mais faute d'aide pour aller aux toilettes, perdre goût à la vie tant ses souffrances ne lui laissaient aucun répit, aucun repos...
Pas de moyens financiers suffisants pour payer plus d'heures de présence, plusieurs hospitalisations d'une ou deux journées mais les médecins hospitaliers avaient décidé que cette dame pouvait être prise en charge à domicile, famille peu disponible, maisons de retraite médicalisées : trop chères et liste d'attente... sans fin.
Brutalement, en quelques jours, cette dame a cessé de se lever, de faire le moindre pas, de s'alimenter, de boire...
Réponse de l'association , du corps médical : c'est à vous de trouver la solution, et puis, à son âge, dans son état ...
BECS ET ONGLES, NOUS NOUS SOMMES BATTUES, FAIT DES HEURES COMPLÉMENTAIRES NON PAYÉES ALERTER, ALERTER, ALERTER. EN VAIN... NON, PAS TOUT A FAIT, NOUS "AVONS GARDER LE DOSSIER"
Et l'ergothérapeute de l'association a trouver une solution miraculeuse : faire acheter un relax des plus confortable, le mieux adapter pour permettre à Mme C. de changer de position (prévention d'escarres). QU'IMPORTE SI CETTE DAME ÉTAIT LE PLUS SOUVENT SEULE ET NE MAÎTRISAIT PAS L'USAGE D'UNE TÉLÉCOMMANDE !!!!
QU'IMPORTE SI MA COLLÈGE ET MOI-MÊME DISIONS QUE LE TÉLÉPHONE N'ÉTAIT PAS UNE SÉCURITÉ PUISQU'ELLE N'EN MAITRISAIT PAS L'USAGE, QU'IMPORTE SI CETTE DAME RENVERSAIT LES VERRES D'EAU QUE NOUS DISPOSIONS A PORTÉE DE SA MAIN POUR ÉVITER UNE NOUVELLE DÉSHYDRATATION (qui peut entrainer troubles psychiques, douleurs et décès). ELLE POUVAIT RESTER SEULE PUISQU'ELLE POUVAIT REGARDER LA TÉLÉ (mais elle ne maitrisait pas non plus la télécommande...)
Les services sociaux de l'hôpital avait déjà eu connaissance "du dossier"
Elle est décédée, seule, la nuit dans son sommeil
Non, mon métier ce n'est pas être spectateur impuissant de cette inhumanité
Le poème qui suit, retrouvé dans les affaires d'une vieille dame Irlandaise après sa mort, évoque son image de la vieillesse et la perception que l'on peut avoir d'elle.
Que vois-tu ?
Que vois-tu, toi qui me soignes, que vois-tu ? / Quand tu me regardes, que penses-tu ? / Une vieille femme grincheuse, un peu folle / Le regard perdu qui n'est plus tout à fait, / Qui bave quand elle mange et ne répond jamais. / Qui, quand tu dis d'une voix forte "essayez" / Ne semble prêter aucune attention à ce que tu fais / Et ne cesse de pendre ses chaussures et ses bas. / Qui, docile au non, te laisse faire à ta guise, / le bain et les repas pour occuper une longue journée grise / C'est ça que tu penses, c'est ça que tu vois ? / Alors, ouvre les yeux, ce n'est pas moi. Lire la suite
zao wou ki : l'aspiration de l'âme
" Il arrive que le silence soit complicité "
Ne parlons pas de tout cela, ayons bonne conscience
Nous faisons ce que nous pouvons
Nous n'y pouvons rien, c'est le Monde qui est comme ça !!!
Pendant huit ans, nous avons accompagnée 24/24h une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer :
Qui peut m'expliquer, qui peut justifier que lorsque cette dame, en phase terminale, grabataire, ne bougeant plus lorsqu'elle était allongée, ait pu, tomber de son lit médicalisé surélevé en étant protégée d'un côté par le mur, de l'autre côté par la barrière, et ce, pendant que deux aidants (très bien payés de surcroît) étaient présents avec pour seul travail : veiller à son confort ???
Qui peut me faire accepter les collègues présents, que l'employeur, le médecin traitant, la responsable de l'association (service mandataire, il est vrai) se contentent d'un glorieux "Ça peut arriver ?"
Résultat : traumatisme crânien dont bien sûr, elle n'a pu se remettre !!! Mais, "dans l'état où elle était.. ."
Qu'importe son agonie de 5 mois, ce qui lui a été volé. Puisque " NOUS CULPABILISONS "
Depuis 1989, j'ai aimé ce travail, je me suis enrichie aux contact des patients, de leur entourage, des autres intervenants, aidants et soignants.
J'ai côtoyé le pire et le meilleur, j'ai vu des personnes vulnérables maltraitées (physiquement, psychiquement) par ceux qui, par définition, doivent les soulager, les aider, les protéger, et qui sont -plus ou moins bien payés- pour cela.
J'ai vu collègues et infirmières se dépenser sans compter, se battre pour améliorer le confort et les conditions de vie, pour apaiser et réconforter, pour que la joie et les sourires réapparaissent...
J'ai vu collègues et infirmières ne rien faire .Infirmières épuisées, surchargées, mal payées, bien souvent découragées que leurs soins et conseils ne soient pas pris en considération, ni respectés par le personnel aidant. Collègues ayant d'autres urgences : programmes télé (comment se priver des Feux de l'amour ? et coups de téléphone si importants et... gratuits !!!
Toutes les nuances : du noir au blanc.... Toutes les compétences et toutes les incompétences
Conscience professionnelle et Responsabilité.... J'en-foutisme et mépris total de l'autre
Après le plus grand des découragements, après le refus total et absolu de vouloir continuer, non pas à travailler, mais d' "appartenir à un troupeau", corvéable à merci, pour qui législation du travail n'est qu'une vague idée que nul -association en tête- ne pense devoir respecter, après avoir travaillé toutes ses années avec passion et engagement, après avoir été considérée (et être toujours considérée) comme une emmerdeuse (imaginez que je ne peux concevoir qu'un réfrigérateur soit sale, contenir des produits avariés même pas protégés, en vrac, que je pense que la nuit, mon rôle est d'assurer la sécurité du patient et d'être là pour apaiser ses angoisses, que j'en suis encore à croire que la moindre des choses est d'arriver à l'heure au travail et de prévenir en cas d'absence !!!! ).
Après tout cela, j'ai décidé de faire le point, le bilan, et de soumettre mes convictions et ma façon de les exprimer les au jugement de personnes qualifiées et compétentes (du moins je l'espérais et n'est pas été déçue) en préparant le DE AVS par la voie de la VAE.
zao wou ki
J'ai obtenu la validation des quatre domaines de compétences qui correspondent à mon expérience professionnelle en tant qu'assistante de vie.
Le jury et la Commission n'ont pas validé les domaines de compétences DC5 et DC6 ce qui me permet de croire :
- Que mon travail auprès des personnes dépendantes a été jugé satisfaisant et de qualité ce qui est une reconnaissance dont moralement j'avais un besoin extrême.
- Que ce diplôme n'est pas une formalité ou "un leurre" mais est attribué avec rigueur et discernement. En effet, les deux autres modules (DC5 et DC6) ne pouvaient être validés : je 'ai pas été attentive à une question du jury en ce qui concerne le DC5 et, il me faut bien le reconnaître, je ne connaissais pas les lois essentielles des années 2002 et 2004, et j'ignorais presque tout de "la vie institutionnelle".
Cela apparaissait clairement dans le livret 2 et le jury connaissait parfaitement bien toutes les formes d'intervention auprès des personnes âgées et/où dépendantes. Il pouvait donc déterminer de façon précise les limites de mes expériences et compétences en ce domaine, nous en avons parlé et je n'ai pu partagé que son avis.
Je sais, dès à présent que pour obtenir mon DE AVS, je dois acquérir les connaissances pour valider ces 2 modules par une formation appropriée.
Après le désespoir, le découragement, l'amertume et la colère : UN ESPOIR
Si le DE AVS est exigeant, nous verrons peut-être cette exigence s'imposer dans l'exécution du travail, nous en finirons peut-être avec 'le n'importe quoi-n'importe comment" et les pouvoirs publics prendront peut-être aussi la mesure des moyens indispensables pour que chacun bénéficie des mêmes soins et se préoccupent du fonctionnement de la pléthore d'associations, qui "font du chiffre", sans grands soucis et pour "leurs clients" et pour "leurs employés" ou plutôt leurs "travailleurs à la chaîne Kleenex".
État des lieux France que fais-tu de tes vieux
Documentaire de 52' écrit et réalisé par Laure de Nadaillac, et produit par Pulsations, avec la participation de France 5. 2007.
Toutes les études démographiques le montrent : la France va vivre un 'papy boom' à l'horizon 2015 et elle est loin d'y être préparée. Alors que le nombre de personnes âgées de plus de 85 ans est resté stable entre 1995 et 2005, en raison du déficit des naissances pendant la Première Guerre mondiale, il va quasiment doubler dans les dix prochaines années, passant de 1 100 000 personnes en 2005 à 1 900 000 en 2015. Ce vieillissement représente un défi pour le pays, son système de soins, sa solidarité nationale. Parmi ces personnes âgées, une sur dix devrait perdre son autonomie, à cause d'un handicap sensoriel (ouïe, vue), moteur (marche) ou cognitif (troubles de la mémoire). De plus, les maladies neuro-dégénératives (Alzheimer, Parkinson et maladies apparentées) touchent 225 000 personnes chaque année. Or les familles vont de moins en moins pouvoir prendre en charge cette dépendance. Le documentaire brosse un état des lieux et décrypte les dysfonctionnements actuels. Il met également en valeur les initiatives qui permettraient d'améliorer la situation. Comment la collectivité s'est-elle préparée à ce défi ? Comment adapter l'hôpital aux personnes âgées ? Comment améliorer la qualité de vie des maisons de retraite ? Comment donner aux personnes âgées le libre choix de rester chez elles ? Comment prévenir, retarder la dépendance ? Tels sont les enjeux pour relever le défi du vieillissement...
DE AVS : espoir ou poudre aux yeux ?
" Des silhouettes ou des visages apparaissent dans ses œuvres
et parfois même envahissent la toile,
comme pour tenter de redonner un peu d’humanité
à cet environnement urbain hostile. "
Introduction
Avant tout, prendre la décision de préparer le DE AVS par la voie de la VAE a été une démarche personnelle, une réflexion sur les 20 ans d'accompagnement , sur une remise en cause de ma pratique professionnelle, un ultime sursaut pour ne pas baisser les bras, pour ne pas accepter la dégradation de l'aide apportée, refuser d'être impuissante face à la maltraitance sous toutes ses formes : maltraitance des personnes accompagnées, maltraitance des aidants (professionnels ou familiaux).
L'espoir aussi de ne plus avoir à subir "la loi du marché", les personnes vulnérables devenant marchandises pour lesquelles les associations se livrent une guerre implacable. Ne plus être une salariée "kleenex" que l'on manipule, dont on dispose sans la moindre considération, pour laquelle le respect de la législation du travail n'est qu'un leurre, un vague principe bafoué, nié, que l'on évoque pour prouver la qualité de la structure mais que l'on ne respecte qu'occasionnellement, en réunion, pour obtenir "un contrat", un "dossier".
Toutes les structures d'aide à domicile dispose d'un réservoir de main d'œuvre inépuisable, bien souvent non-formée mais dans la nécessité absolue de travailler donc corvéable à merci...
Les Temps modernes
Tarif horaire misérable, travail physiquement et psychologiquement épuisant, séquelles sanitaires ignorées, niées ; vingt ans de travail, aucun accès à la médecine du travail...
Dos déformés, travail pouvant avoir une amplitude de 24H ou 48 H d'affilée, nuit et jour, en état de vigilance car la maladie ne prend pas de repos, que nous sommes responsables. Mais ne croyez pas que ces heures-là soient rémunérées : non, nous sommes payées en forfait, il est bien connu que les pathologies lourdes disparaissent un certain nombre d'heures par jour et par nuit. Donc, nous sommes là, à ne rien faire, donc à quoi bon nous payer. Il est convenu que la nuit, un nombre d'heures de sommeil nous est accordées : lesquelles ? Combien ? Mais, quoi qu'il en soit, si la personne accompagnée tombe, est malade, vous devez être bien éveillée, efficace car c'est votre responsabilité qui est engagée !!!
Accepter de tels contrats, c'est être responsable et en assumer les risques.
Ne pas les accepter, c'est ne pas vouloir travailler, avoir mauvais esprit, et/ou être paresseuse. Ou trop exigeante, trop perfectionniste...
Si vous travailler "en mandataire" quoi qu'il arrive, vous êtes responsable... et coupable.
Accident du travail : pas d'assurance, difficile à prouver, à faire reconnaître.
lire le témoignage
Ou bien, vous travaillez 4 à 5 heures en une journée, mais en coupure : 1 heure ici, 1 heure ailleurs. vous partez le matin bien tôt de votre banlieue (bien sûr, quand les transports sont assurés, sinon.... qui dira l'horreur), vous rentrez 12 heures plus tard, et votre salaire est d'un peu plus de 8,50 euros bruts pour chaque heure travaillée.
Qu'en est-il de vous pendant "les heures de coupure"... Vous ne pouvez pas rentrer chez vous. Avez-vous les moyens de faire du shopping, d'aller au musée, au cinéma ??? Bien évidemment non...
Errons dans les rues, dans le froid, sous la pluie, quoi de plus banal de nos jours ?
A ceux et à celles qui n'y ont pas encore songé, réfugiez-vous dans les laveries automatiques : c'est gratuit, il y fait chaud, vous pourrez lire, voire bavarder...
Mais à quoi bon accuser : nul n'est responsable, je le dis sans ironie.
Les personnes vulnérables n'ont pas les moyens de payer le coût induit par la maladie et/ou le handicap, les aides très nettement insuffisantes si ce n'est dérisoires.
Les familles sont épuisées, désemparées, livrées à elles-mêmes, sans conseils, sans soutien...
Et surprise : les enfants des personnes malades, âgées et/ou en situation de handicap sont soit déjà âgées, soit travaillent, élèvent leurs enfants, peuvent vivre loin. Et certaines personnes vulnérables, dépendantes sont seules au monde, isolées, délaissées et pour beaucoup, modestes.
Document : La maltraitance tue plus que la canicule
Aux ADVS (auxiliaire de vie sociale)
AM (auxiliaire médicaux)
AS (aides soignants)
Infirmier(e)s
Mes petits chéris,
- Frappez à la porte de ma chambre avant d'entrer est un vrai souhait ! ...
- Respecter mon intimité et vous me comblerez ...
- Évitez de me tutoyer... que j'aimerais !
- Fermez la porte de ma salle de bain... ça me plairait.
- Accompagnez moi au WC. .. SVP ... je suis trempée.
- Laissez moi dormir ... le temps à mon âge me le permet ...
- Écartez de mon café au lait toutes ces pilules jaunes, rouges,vertes : c'est amer à souhait.
- Fermez la fenêtre, la neige est tombée
- Mettez moi mon dentier, j'aimerais tant croquer.
- Tenez moi délicatement, .ma peau est si fragilisée.
- Changez moi ma robe, on va se promener.
- N'oubliez pas mon pansement... il s'est détaché.
- Permettez -moi de vous appeler. j'ai si mal au côté.
- Mettez mon appareil auditif. j'entendrai les oiseaux chanter
- Pardonnez moi si je me suis oubliée... la sonnette est à l'opposé.
- Détachez moi... il fait si beau pour marcher.
- Laisser moi m'isoler... c'est ma liberté de penser...
- Donnez moi la parole... j 'ai toute ma vie à raconter...
Même si je suis âgée,
Je n'ai plus que vous à aimer...
Ce serait bien si se texte pouvait tourner dans toutes les maisons de retraites de France et de Navarre....
La solitude de nos aïeux.... c'est terrible...
DE AVS : LIVRET 2
- 1 Vos motivations
Expliquez les raisons de votre démarche et de votre choix de diplôme par rapport à votre projet professionnel ou personnel.
Née en 1953, j'ai vécu mon enfance et mon adolescence en milieu rural où, à cette époque, il était tout à fait naturel de garder les personnes âgées, handicapées, malades et dépendantes au sein du cercle familial et de les assister jusqu'à leurs derniers instants. Quand j'ai quitté la Vendée en 1983, j'ai dû, dans un premier temps, occuper des emplois non qualifiés. Puis j'ai eu la possibilité de suivre une formation et d'obtenir le diplôme de secrétaire médico-sociale.
A la recherche de travail, en 1988, j'ai accompagné une amie atteinte d'un cancer jusqu'à son décès. C'est à ce moment-là que j'ai choisi de m'investir dans le domaine du maintien à domicile de personnes malades, âgées ou dépendantes, car cette expérience a été enrichissante pour l'une et l'autre, et j'ai eu la certitude d'avoir trouvé ma voie, sur le plan professionnel.
J'ai alors pris contact avec différentes associations d'aide à domicile et, de suite, des missions auprès de personnes âgées et dépendantes m'ont été confiées.
Depuis 1997, la responsable du service mandataire de l'association XXXX, pour laquelle je travaille toujours, m'a proposé de rejoindre le service intervenant auprès de personnes dépendantes, en grande majorité des patients atteints de la maladie d'Alzheimer. Nous recevons une formation interne, théorique et pratique avec des intervenants spécialisés : neurologues, ergothérapeutes, orthophonistes, psychologues etc. Pour la plupart des missions que je remplis, je suis employée avec la qualification "assistante de vie, niveau 2".
Je suis restée huit ans auprès de mon dernier employeur et j'ai tenté de suivre une démarche VAE pour l'obtention du Certificat de Qualification Professionnelle "Assistante de vie" .Le jury n'ayant pas validé tous les modules, le curateur de mon employeur n'a pas accepté que je puisse à nouveau m'absenter pour mener cette démarche.à son terme. La situation ainsi créée était très conflictuelle et j'ai repoussé dans le temps la validation des modules manquants.

Merci à Clair de Femme
Depuis le décès de mon employeur en mai 2008, je travaille en CDD et, ,avec l'accord de l'association et de mon conseiller-référent du pôle-emploi, j'ai décidé de préparer, dans un premier temps, le DE AVS, devenu indispensable pour continuer à exercer mon métier. Par ailleurs, le travail de réflexion nécessaire pour l'obtention de ce diplôme me permet de faire le bilan des compétences acquises par l'expérience, par l'échange avec les équipes médicales et paramédicales, la lecture d'ouvrages spécialisés...
J'envisage de poursuivre ma qualification professionnelle par une formation d'aide-soignante.et le DE AVS me semble être une étape intermédiaire nécessaire pour mettre en place ce projet.
Je souhaite élargir mes domaines de compétences, intervenir auprès d'un public élargi, et pouvoir travailler en structure (centre hospitalier, maison de retraite...), ou en missions intérimaires. car je ne veux plus connaître de périodes d'inactivité professionnelle et pour cela, il me faut obtenir les diplômes qui permettent de postuler pour des postes exigeant ces qualifications.
Personnellement, j'éprouve aussi le besoin de voir mes années de travail dans le domaine de l'aide à domicile reconnues et valorisées par l'obtention du DE AVS et d'évoluer par l'acquisition de connaissances plus approfondies.

Connaissance de la personne : situer la personne aidée
4.1 - Expérience en rapport avec le domaine de compétence 1 du DE AVS
Domaine de compétence 1 du DE AVS : Connaissance de la personne
Compétences attendues :
Situer la personne aidée aux différents stades de son développement
Situer la personne aidée dans son contexte social et culturel
Appréhender les incidences des pathologies, handicaps et déficiences dans la vie quotidienne des personnes.
_________________________________________________________________________________________________
1° Avez-vous été amené à exercer auprès de plusieurs publics (enfants, familles, personnes âgées ou handicapées etc.) ?
Lesquels ?
Expériences professionnelles (10 dernières années :1999-2009)
Interventions à domicile (service mandataire )
1° Personnes âgées à mobilité réduite :
Personnes souffrant de troubles liés au grand âge (mobilité réduite, arthrose, problèmes cardiaques et/ou respiratoires etc)
Mme A. - Mme L.
Personnes sortant d'une hospitalisation (fracture du col du fémur, brûlures)
Mme D. - Mme D. - Mme P. ( troubles neurologiques et/ou psychiatriques associés)
2° Personnes malades
- Personnes atteintes de pathologies neuro-dégénératives
Personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer (ou assimilées)
Mme N. - Mme M. - Mme T. - Mme F. - Mme V. - Mme P. -
Mme G.
- Personnes âgées atteintes d'un cancer
Personne atteinte d'un cancer du côlon
Mr P.
Personne en phase terminale d'un cancer du pancréas et maladie d'Alzheimer
Mme C. S.
3° Accompagnement de fin de vie
Personne aidée atteinte de la maladie d'Alzheimer
Mme F. (même personne que 2°)
Autres publics rencontrés (1989-1999)
Interventions à domicile ( service mandataire)
4° Personnes handicapées
Personne hémiplégique
Mme P. E.
Personne atteinte de cécité
Mme P .B.
5° Enfant (femme de ménage -garde d'enfant)
Mr M .E.
Les exemples choisis pour compléter le livret se réfèrent aux dix dernières années d'expériences professionnelles.(à l'exception du module 4.1 Décrire les symptômes 14 (page 2)
Module présenté et validé par le jury
Poèsie
On a si peu de temps
Il y a déjà longtemps / J'avais à peine dix ans / Et je courais tant / Pour arrêter le temps. / Il y a déjà longtemps, / J'ai eu vingt ans, / Et je pensais pourtant / Qu'il ferait toujours beau temps. / l n'y a pas si longtemps / Que j'ai eu mes trente ans, / Et je me disais en ce temps / Que je mourrai dans pas longtemps. / Et quand j'ai eu quarante ans, / Je les ai chantés en dansant, /Je les ai dansés en buvant, / Je les ai bus en pleurant, / Je les ai pleurés en pensant / Que bientôt j'aurai cinquante ans. / Et puis j'ai eu cinquante ans / Et en regardant jouer mes enfants, / Je me disais que peut-être en partant / Je n'aurais pas soixante ans. / Mais un jour j'ai eu soixante ans / Sans avoir vu passer le temps, / Et je me suis dit que peut-être j'aurai encore le temps / De connaître mes petits-enfants / Et d'avoir soixante-dix ans. / Et maintenant j'ai soixante-dix ans, / Et je me dis souvent / Que de dix en dix ans, / Je suis mort bien souvent, / Et je me dis souvent / Que je mourrai je ne sais pas quand, / Mais que je mourrai en pensant / Qu'on a si peu de temps.
Connaissance de la personne : décrire les syptômes (1)
4.1 - Expérience en rapport avec le domaine de compétence 1 du DE AVS
Domaine de compétence 1 du DE AVS : Connaissance de la personne
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2° A partir d'un exemple pour chaque public rencontré, décrivez les symptômes des pathologies, handicaps et déficiences et leurs incidences dans la vie quotidienne et la vie sociale des personnes
A) Personne âgée à mobilité réduite
Mme J. : 87 ans, forte corpulence, autoritaire. Milieu aisé. Mari dépressif. Fils habitant le même immeuble, ainsi que sa sœur (Mme P.) et deux de ses petits enfants. Fracture du col du fémur
Mon intervention (mandataire) : 1H30, samedi et dimanche matins pour : lever, toilette non prescrite médicalement, petit déjeuner, entretien des sanitaires, salle de bains chambre, cuisine (mêmes horaires en semaine pour ma collègue)
Symptômes
- Douleurs permanentes et parfois aigües à la jambe opérée.
- Marche pénible et lente avec déambulateur (séances de rééducation avec un kinésithérapeute).
- Œdèmes aux jambes et aux pieds.
- Talons à surveiller : menaces d'apparition d'escarres
Incidences dans la vie quotidienne
- Mme J. n'accepte pas de se sentir handicapée, diminuée : agressivité, pleurs.
- Mme J. se laisse aller : refus de se lever, de se laver, de s'habiller ou de se déshabiller le soir.
- Mme J. n'est pas incontinente mais ne peut aller seule aux WC : peur de tomber malgré le réhausseur. Protections imposées (son mari n'est guère en mesure de l'aider).
- Mme J. n'a rien envie de faire dans la journée, ne s'intéresse qu'à son entourage familial.
- Mme J. n'a plus aucune indépendance : son fils et son mari décident de tout pour elle.
Incidences dans la vie sociale
- Mme J. ne sort que peu souvent, quand son fils est disponible
- Mme J. .n'ose pas aller seule à l'étage supérieur voir sa sœur malade.
Hors livret 2 : Pour le plaisir
B) Personne atteinte de la maladie d'Alzheimer
Mme V. : 65 ans, milieu modeste, stade avancé de la maladie. Couple très uni, enfants éloignés géographiquement. Mari épuisé, désespéré, santé précaire.
Mon intervention (mandataire) : 3h30 deux jours par semaine pour toilette, change, repas de midi, sorties dans le parc de l'immeuble.
Symptômes
- Mme V. ne marche plus seule, fait quelques pas très fortement soutenue (kinésithérapeute).
- Mme V .ne parle que très peu, phrases presque toujours incompréhensibles (orthophoniste).
- Mme V. reconnait son mari, ne reconnait pas toujours ses enfants et petits- enfants, me reconnait (à ma voix)..
- Son visage est assez expressif (colère, mécontentement ou plaisir facilement identifiables).
- Incontinence urinaire et fécale.
- Mme V. éprouve des difficultés pour manger : ne maîtrise pas l'usage des couverts, problèmes de déglutition.
- Mme V. est très fatiguée : somnolence, désintérêt pour ce qui l'entoure.
- Mme V. exprime des moments de révolte, colère, agressivité.
- Mémoire récente quasi inexistante, mémoire ancienne perturbée : Mme V. a de grandes difficultés à renouer avec ses souvenirs.
Incidences sur la vie quotidienne
- Mme V. ressent des moments de désespoir : ne veut pas quitter son lit, veut rester seule
- Mme V. n'a plus aucune autonomie : vit repliée sur elle-même et sur son couple. Anxieuse et agitée dès que son mari s'éloigne.
- Mme V. n'exprime aucun désir, ne sollicite rien. A renoncé à toute coquetterie, à être propre
- Déplacements en fauteuil roulant.
- Mr V. se prive de tout :se nourrit mal, met sa santé en danger (refus d'être opéré d'une hernie)
Incidences sur la vie sociale des personnes
- Mr V. a vendu leur maison de campagne pour faire face aux frais engendrés par la maladie. De ce fait, ile couple se trouve séparé de ses amis proches
- Les voisins se sont peu à peu éloignés
- Mr V. s'occupe de sa femme à chaque instant et ne sort plus, ne peut pas laisser sa femme seule
- Mr et Mme V. sont "isolés dans la maladie" : refus de demander de l'aide (aux enfants, aux amis, aux services sociaux).
- Mr V. ne supporte pas les regards portés sur sa femme : pitié ou rejet. Ne la sort que pour son bien-être à elle.
A consulter : témoignages
Documentaire : édifiant
Conaissance de la personne : décrire les symptômes (2)
4.1 - Expérience en rapport avec le domaine de compétence 1 du DE AVS
Domaine de compétence 1 du DE AVS : Connaissance de la personne
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2° A partir d'un exemple pour chaque public rencontré, décrivez les symptômes des pathologies, handicaps et déficiences et leurs incidences dans la vie quotidienne et la vie sociale des personnes
C) Personne âgée handicapée (du 01/10:/989 au 11/10/1993)
Mme P. E. : 99 ans hémiplégie droite (suite à un accident cardio-vasculaire). Lucide. Veuve. Milieu aisé. Vit chez sa fille et son gendre. Entourée par ses petits-enfants et son autre fille. Petits enfants médecins. Service infirmier pour la toilette du matin, intervention d'un kinésithérapeute.
Mon intervention (mandataire 1989/1993) : mi-temps ( de 11h à 13h puis 15h à18h30) . Toilettes de confort, transferts fauteuil et prévention d'escarres, préparer et donner les repas, entretien de la chambre, lui tenir compagnie).
Symptômes :
- Mme P.E. ne marche plus si ce n'est quelques pas avec le kinésithérapeute.
- Main droite atrophiée : doigts recroquevillés, plus de préhension.
- Incontinence urinaire et fécale.
- Troubles du transit intestinal (diarrhées, constipations, formations fréquentes de fécalômes)
- Menaces d'escarres.
Incidences sur la vie quotidienne
- Mme P. E. ne quitte guère sa chambre, minuscule : le fauteuil roulant n'est pas mis à ma disposition,. la famille veut préserver son intimité.
- Se fatigue très vite en position assise.
- Mme P. E n'a pas accès à la salle de bains, réservée à la famille, sauf pour le shampooing (service infirmier)
- Mme P. E. n'a aucune autonomie..
- Mme P. E. est souvent seule et s'ennuie.
Incidences sur la vie sociale
- Mme P. E. a dû quitter la maison et le village où elle vivait depuis toujours, son entourage amical.
- Mme P. E. n'a de contacts qu'avec sa famille, et les aidants.
- Mme P. E. n'est plus consultée en ce qui concerne la disposition de ses biens.
- Ses deux petits-fils la sortent de temps à autre (appartement au 2ème étage, sans ascenseur, non aménageable pour le fauteuil roulant : il faut la porter).
Pour honorer sa mémoire
Elle qui récitait tout Victor Hugo de mémoire, sans hésitation, sans la moindre erreur ...
Demain, dès l'aube ...
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Son idole
D) Enfant ( du 01/12/1993 au 14/02/1996)
Mr et Mme M. E. : L'enfant V. M. est âgé 18 mois à mon entrée en fonction. Parents : professions libérales. L'enfant évolue normalement.
Mon intervention (mandataire 1993/1996)) : temps complet (mensualisée) : garde de l'enfant, entretien du lieu de vie, faire les courses et préparer les repas, participer à l'éveil de l'enfant, l'accompagner à la crèche et à l'école.
Symptômes
- Maladies infectieuses éruptives :
Rubéole : fièvre, fatigue, irruption des boutons, pleurs
Rougeole : rhume, fièvre, fatigue : apparition des boutons sur le visage, puis le corps et les membres.
- Maladies infectieuses non éruptives :
Les oreillons : mal aux oreilles, douleurs pour manger
La coqueluche : quintes de toux sèche.
- Poussées dentaires : (grognon, yeux larmoyants, érythème fessier, douleurs)
- Problème d'allergique : difficultés respiratoires, toux, étouffement, sommeil perturbé, très fatigué.
Incidences sur la vie quotidienne
Selon les prescriptions médicales, V. M. reste alité et/ou à la maison : il est maintenu au calme, hydraté( fièvre) pour les maladies infantiles infectieuses.
Allergie : séances de kinésithérapie respiratoire (clapping), extrême fatigue, changement de l'humeur (ronchon,sommeil très perturbé)
Incidences sur la vie sociale
Maladies infectieuses : ne va plus à la crèche ou à l'école le temps prescrit par le médecin. Entourage social (école, crèche) et familial prévenu. Rubéole : femmes enceintes pouvant être contaminées (maladie pouvant alors avoir des conséquences graves pour le bébé)
Allergie : réactive à la pollution de l'air (cause définie après de nombreux tests et observations des parents : aucune manifestation lors des vacances hors Paris). La famille a dû déménager à la campagne (plus aucun symptôme depuis lors).
Connaissance de la personne : décrire les symptômes (3)
4.1 - Expérience en rapport avec le domaine de compétence 1 du DE AVS
Domaine de compétence 1 du DE AVS : Connaissance de la personne
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2° A partir d'un exemple pour chaque public rencontré, décrivez les symptômes des pathologies, handicaps et déficiences et leurs incidences dans la vie quotidienne et la vie sociale des personnes
E ) Accompagnement fin de vie (octobre 2007 - mai 2008)
Mme F. M. : 71 ans à mon entrée en fonction, atteinte de la maladie d'Alzheimer (malade depuis depuis 10 ans dans cet exemple) .Syndrome parkinsonien associé. Intervention d'une kinésithérapeute. Milieu très aisé. Veuve, sans enfant, sans famille proche. Accompagnée 24H/24 -Soins infirmiers en place- Curatelle :Mlle P. C. amie de Mme F.M depuis 40 ans.
Mon intervention (mandataire) : de juin 1999 à mai 2008. Temps plein : 2 après-midi, une nuit, et dimanche
Le médecin traitant nous a remis un courrier cacheté à remettre aux services d'intervention d'urgence
Symptômes
Octobre 2007
- Épisodes de détresse respiratoire. Mme F. M. ne peut-être allongée la nuit (position semi-assise). Apnées. Infections pulmonaires.
- Survenue d'escarres (appareil génital : grandes lèvres) :
- Suspicion d'un cancer avancé de l'appareil génital ou urinaire (diagnostic du médecin traitant)
Janvier 2008
- Chute du lit médicalisé surélevé : traumatisme crânien
- Mme F. M. mange et boit (eau gélifiée) très peu, très amaigrie; sans forces.
- Mme F. M. a le teint cireux, les traits tirés, les ailes du nez pincées. ).
- Extrême fatigue : n'est éveillée que 3 à 4 heures par jour.
- Mme F. M. ne réagit plus aux sollicitations, absente la plupart du temps.
- Mme F. M. ne peut plus rester assise, sauf le temps d'un transfert sur la chaise percée
- Mme F. M. est grabataire mais transferts possibles car je peux la porter.
- Problèmes de transit intestinaux aggravés - rétention urinaire
- Réactions de spasmophilie lors de la toilette ou des actes de kinésithérapie (massages)
Le cantique des cantiques Marc Chagall
Incidences dans la vie quotidienne
- Mme F. M. semble ne plus percevoir ce qui se passe autour d'elle, sauf par couts instants.
- Mme F. M. .n'est réceptive qu'au toucher, aux gestes doux, apaisants, affectueux : "nursing"
- Sommeil perturbé par les problèmes respiratoires, les changements de position très fréquents ( escarres déclarés et en formation).
- Mme F. a de fréquentes crises d'angoisse (tremblements, regard hagard, peurs nocturnes)
- Hypertonie musculaire très accentuée : difficultés pour les manipulations (changes au lit)
- Mme F. M. ne s'exprime pratiquement plus : guère de sourires ou traits du visage figés.
- Mme F. M. ne fait plus aucun geste volontaire.
- Mme F. M.ne manifeste aucun signe de souffrance même en cas de plaies douloureuses.
- Mme F. M. est perfusée à plusieurs reprises (hydratation, nutrition, anti-biotiques)
Incidences dans la vie sociale
- Mme F. M. n'est plus en contact qu'avec les aidants, les infirmières et son curateur
- Mme F. M. apprécie quelques rares visites mais l'effort pour accueillir l'épuise et elle s'endort.
- Mme F. M. a apprécié les visites du prêtre : l'accueille d'un sourire et ses traits s'apaisent.
|
MOURIR Mourir sur ton épaule tendre Sans terreur au jour du départ Avant de n'être plus que cendres Brûler au feu de ton regard Vivre la toute dernière heure Dans la clarté de ton amour Lorsque cette sombre demeure Se fermera sur nos toujours Lire dans tes yeux la promesse Qu'un jour l'on se retrouvera M'abandonner à la tendresse Et à la force de tes bras ! |
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| Corti Michèle le paradis Chagall |
Actes essentiels : aide à l'alimentation - aide aux fonctions d'élimination
4.2 - Expériences en rapport avec le domaine de compétence 2 du DE AVS
Domaine de compétence 2 du DE AVS : Accompagnement et aide individualisée dans les actes essentiels de la vie quotidienne
Compétences attendues :
Assurer le confort, la sécurité, et l'aide aux activités motrices et aux déplacements
Établir une relation d'aide en stimulant l'autonomie des personnes
Repérer et évaluer les besoins et les capacités de la personne aidée dans les actes de la vie quotidienne
Contribuer à la satisfaction des besoins fondamentaux afin d'assurer une bonne hygiène de vie
Détecter les signes révélateurs d'un problème de santé ou de mal être et prendre les dispositions adaptées
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1° Décrivez deux situations où vous avez eu à réaliser des actes essentiels de la vie quotidienne (aide à la mobilisation, à l'habillage, à la toilette, à l'alimentation, à la prise de médicaments, aux fonctions d'élimination..
Situation 1
Mme F. M. , 71 ans atteinte de la maladie d'Alzheimer (depuis 2 ans), syndrome parkinsonien associé. Milieu très aisé. Veuve, sans enfant, sans famille proche. Accompagnée 24H/24 Curatelle : Mlle P. C. amie de Mme F. M. depuis 40 ans.Pas de soins infirmiers en place à cette date.
Mon intervention (mandataire) : de juin 1999. à mai 2008 Temps plein : 2 après-midi, une nuit, et dimanche
Fonctions d'éliminations
- Je vérifie sur le cahier de transmission et je note que Mme F. M. n'a pas de selles depuis 3 jours malgré la prise quotidienne de 2 Forlax d'aliments et boissons destinés à faciliter l'élimination (épinards, pruneaux, jus de fruits).
- Signes alarmants : Mme F. M. évacue de très petites quantités de selles liquides tout au long de la journée et de la nuit. De plus, pendant la toilette, je remarque que son ventre est est tendu et dur J'alerte son curateur Mlle P. C. pour lui décrire les symptômes, pouvant signaler un fécalome. Je lui suggère d'appeler le médecin. Elle me dit de ne pas m'inquiéter, que Mme F.M. a connu ce type de problème toute sa vie.
- Cette situation a perduré deux jours encore et Mme F.M. manifeste des signes de souffrance : elle se tient le ventre, grimace et souffre sur les toilettes (suées, larmes aux yeux).
J'alerte à nouveau Mlle P. C. qui s'agace que 2 d'entre nous de lui répète la même chose.
Mlle P. C. refuse toujours que nous puissions avoir un contact direct avec le médecin : tout doit passer par elle, c'est elle qui veut décider.(nous n'avions pas les coordonnées du médecin, ni aucun document du dossier médical).
- Mme F.M. a le ventre de plus en plus ballonné : je m'oppose donc à Mlle P. C. en lui demandant une visite du médecin traitant dans la journée- même sous peine de faire appel à SOS-Médecins.
Le soir-même, le médecin est venu et a dû intervenir avec du Normacol pour éliminer ce fécalome.
Situation 2
Mme V. M-A : 65 ans, milieu modeste, stade avancé de la maladie. Couple très uni, enfants éloignés géographiquement. Mari épuisé, désespéré, santé précaire.
Mon intervention (mandataire) : 3h30 deux jours par semaine pour toilette, change, donner repas de midi, sorties dans le parc de l'immeuble
Aide à l'alimentation : dès ma prise de fonction
Mr V. prépare les repas de sa femme.
- Je remarque que Mme V. déglutit avec difficultés et fait beaucoup de fausses routes. De plus, Mme V. M.- A. a perdu l'appétit, ne manifeste plus aucune envie de manger. En dehors des repas, râles pulmonaires, et toux.
- Mme V. M.- A. ne maîtrise plus l'usage des couverts : je guide sa main (usage d'une petite cuiller) ou je la fais manger
- Je propose à Mr V. de prendre conseil auprès du neurologue ou du médecin traitant car je pense qu'il est nécessaire de prévoir le passage à l'alimentation mixée et à l'eau gélifiée. Le médecin confirme qu'effectivement il faut ne lui donner à boire et à manger que du semi-solide, et ajouter des compléments alimentaires.
Mme V. M. - A. a une infection pulmonaire déclarée, traitée à domicile.
- J' aide Mr V. à concevoir des menus plus adaptés, et bien présentés malgré l'obligation de mixer les aliments (purées variées, potages liés, poisson accompagnés de sauce hollandaise pour faciliter l'ingestion.). Je présente à Mme V. M.-A. des quantités réduites de nourriture à la fois, quitte à la resservir si elle a encore faim.
- J'ai aussi noté que Mme V. M.-A. mange mieux lorsque son mari nous laisse seules : je lui parle,essaye de l'égayer, de la faire rire, de la distraire et de la détendre. Elle est très réceptive à la détresse de son mari et en souffre. Se sent responsable.
boisson aux fruits frais mixés
caviar d'aubergine - tartare de saumon
Actes essentiels : limites en matière d'actes de soins et higiène
4.2 - Expériences en rapport avec le domaine de compétence 2 du DEAVS
2° Comment situez-vous le champ et les limites de votre intervention en matière d'actes de soins et d'hygiène ? Donnez des exemples illustrant ces limites
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J'assure les soins d'hygiène, de confort et de bien-être : je n'accomplis aucun acte médical
Prise de médicaments
Le médecin décide si la personne aidée est apte à assumer seule la prise des médicaments prescrits :dans ce cas, je veille et aide à l'exécution de cet acte. Dans le cas contraire, c'est un acte médical confié aux intervenants soignants.
Mme A. R. : 100 ans, lucide, mobilité réduite. Mme A. a besoin d'une canne et de mon aide pour se déplacer. Vit avec sa fille. Mon intervention (mandataire) . 5H tous les mercredis matins. Aide aux actes de la vie quotidienne
La fille de Mme A. R. prépare la table du petit déjeuner avec les médicaments dans une coupelle. Celui du midi est dans une boîte à pilules. Je veille à ce que Mme A. R. n'oublie pas de le prendre.
Escarres
Mlle C. P. : 91 ans. Retour de l'hôpital suite à des brûlures graves aux jambes. Escarres aux talons et fessiers. Vit seule dans son appartement (immeuble habité par sa famille proche : sœur ( neveu, petits-neveux). Mme C. P.se déplace avec un déambulateur et mon aide. Chaque mouvement la fait souffrir..Bon appétit. Boit peu. Pas d'incontinence. Mon intervention (mandataire) : samedi et dimanche 3 fois 1/30 (matin, midi, soir). Mêmes horaires pour ma collègue en semaine. Aide aux actes de la vie quotidienne, entretien du lieu de vie et du linge, courses et préparation des repas. Retour au domicile non-préparé (pas de lit médicalisé, pas de coussins anti-escarres, etc). Soins infirmiers pour plaies, escarres, prise de médicaments.
J'accompagne Mlle C. P. aux WC au début et à la fin de chacune de mes interventions. Je suis attentive aux signes laissant craindre l'apparition de nouveaux escarres (points d'appuis rouges, zones violacées). Je contribue à la prévention des escarres en incitant Mme C. P. à marcher. J'insiste auprès de la famille sur l'urgence de disposer de coussins et matelas anti-escarres. Je fais le lit avec soin, je change souvent la literie. Je m'efforce de faire boire Mme C. P. et, en mon absence, lui laisse de la boisson à portée de main. Au coucher, je ne fais pas porter le poids des couvertures sur les jambes blessées dont les bandes sont retirées pour la nuit, je pose un coussin sous les chevilles pour protéger les talons des frottements.
Toilette au lavabo
Mme F. M. : 71 ans à mon entrée en fonction, atteinte de la maladie d'Alzheimer (malade depuis depuis 1 an et demi dans cet exemple). Syndrome parkinsonien associé. Milieu très aisé. Veuve, sans enfant, sans famille proche. Intervention d'une kinésithérapeute. Accompagnée 12 H par jour, pas de soins infirmiers en place à ce moment-là. Curatelle : Mlle P. C. amie de Mme F.M depuis 40 ans. Mon intervention (mandataire) : de juin 1999 à mai 2008. Temps plein.
Avant le dîner, je consacre environ 3/4 d'heure à la toilette de Mme F.M. qui est fatiguée et se laisse "dorloter". Je me lave les mains, me gante. Je l'accompagne dans la salle de bains. Je la déshabille, mets son peignoir. Je l'assoie confortablement. Je nettoie son visage avec coton et lait démaquillant, la parfume, fait pénétrer la crème de nuit dans le peau. Ses pieds se relaxent dans une bassine d'eau chaude avec du gros sel, selon son habitude. Je découvre le haut de son corps, le lave avec du savon surgras, rince, essuie, la couvre. Je lave jambes et pieds de même. Je sèche entre les orteils avec le séchoir à cheveux car elle préfère ainsi. Lait hydratant sur tout le corps et crème pour "pieds sensibles".Je la mets en chemise de nuit et robe de chambre ,soquettes et chaussons. Je fais la toilette intime avec un gant tissé et un gel spécifique.Mme F.M se tient debout, appuyée au lavabo : je sèche bien ( talc dans les plis, Biafine en prévention), protection propre. J'assure l'hygiène nasale avec du sérum physiologique. Cette toilette la repose, la détend, lui redonne de l'énergie.
Odalisque bleue Henri Matisse
Transit intestinal et émission d'urine
Je suis très attentive à l'émission d'urine (fréquence, couleur, odeur etc), à la régularité du transit intestinal et à toute anomalie (odeur, consistance, fréquence).
Mme P. L. : 85 ans, milieu modeste, atteinte de la maladie d'Alzheimer depuis 1 an. Incontinence nocturne. Placement en maison de retraite médicalisée prévu .Déni du problème de santé, refus du besoin d'aide. Mon intervention (mandataire) : mi-temps, le matin de 9H à 13H. Lever, petit déjeuner, courses, préparation du déjeuner, entretien du lieu de vie et du linge.
Je remarque que Mme P.L. va aux WC à tout instant et qu'elle souille un peu sa culotte (je dois l'aider dans cet acte). Je fais part de ce fait à ma collègue et à sa famille. Le médecin traitant est consulté et prescrit des examens qui révèlent une cystite
Actes de soins : limites
En cas de chute, blessures ou malaise, je préviens les secours, et ne manipule pas la personne : je suis les consignes que donne le service alerté (Pompiers, SAMU.). J'alerte la famille dès que possible.
Transmission (pour chaque situation)
J'observe attentivement pour détecter tout signe de malaise, physique ou psychique (perte d'appétit, changement de l'humeur, désorientation etc). Je note mes observations sur le cahier de transmission, dialogue avec mes collègues. J'informe le référent de la personne aidée, le service infirmier et/ou le médecin et la famille, ainsi que la responsable de mon service.
Actes essentiels : repérer les besoins et les capacités des personnes
4.2 - Expériences en rapport avec le domaine de compétence 2 du DE AVS
Domaine de compétence 2 du DE AVS : Accompagnement et aide individualisée dans les actes essentiels de la vie quotidienne
3° A partir d'une ou deux situations rencontrées (vous pouvez utiliser les situations décrites précédemment), expliquez comment vous repérez les besoins et les capacités des personnes et comment vous évaluez les facteurs de progression ou de régression des personnes ?
L'aide aux activités motrices et aux déplacements
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Mme F. M. : 71 ans à mon entrée en fonction, atteinte de la maladie d'Alzheimer (malade depuis depuis 5 ans dans cet exemple) .Syndrome parkinsonien associé. Milieu très aisé. Veuve, sans enfant, sans famille proche. Intervention d'une kinésithérapeute. Accompagnée 24H/24 et soins infirmiers en place dans cet exemple Curatelle : Mlle P. C. amie de Mme F.M depuis 40 ans.
Mon intervention (mandataire) : de juin 1999 à mai 2008. Temps plein : 2 après-midi, une nuit, et dimanche de10h à 18h).
Situation 1 : régression de la mobilité
Facteurs de régression de la mobilité
- Mme F. M. ne se déplace que très difficilement et fortement soutenue depuis plusieurs mois. Elle. a de plus en plus de difficultés à marcher : à chaque franchissement de porte Mme F. M. s'arrête net, blocage total, elle.ne distingue plus s'il y a ou non une marche à franchir.
- L' hypertonie musculaire s'accentue et les pertes d'équilibre sont plus fréquentes et brutales.
- Les fauteuils et canapés trop bas pour la lever dans de bonnes conditions.
- La première crise d' épilepsie survient et le traitement est mal supporté.
- Je ne peux plus l'accompagner aux WC en toute sécurité : Mme F.M. ne peut plus se tourner.
- Les sorties deviennent très dangereuses.
Observations notées et confirmées par mes collègues, le service infirmier et le curateur de Mme F.M.
Demandes faites pour répondre à ces problèmes
- Achat d'un "relax" très confortable. et adapté (position semi-debout pour la lever),d'une chaise percée et d'un fauteuil roulant
Aide à la mobilisation
- Je continue à faire marcher Mme F. M. (périmètre de marche : 3 à 4 mètres). Pour la rassurer, je balise le trajet du relax au fauteuil roulant avec chaises et fauteuils. Je lui explique bien qu'elle ne peut pas tomber, qu'à chaque instant, je peux l'asseoir. Je mets ses mains sur mes épaules, les miennes sur ses omoplates et la tiens tout près de moi. J'ai bien observé la kinésithérapeute, qui m'a aussi bien observée lors des séances lorsque je lui montre ma façon d'agir.
- Les sorties en fauteuils roulants : je choisis les lieux où les bancs sont côte à côte et le sol plat pour pouvoir faire faire quelques pas à Mme F.M.
- Les moments où Mme F. M. ne peut vraiment pas marcher, je la verticalise soit en la tenant dans mes bras, soit en la mettent debout, appuyée sur un support et en la tenant, avec toujours un siège pour l'asseoir.
Évaluation globale
- J'utilise le fauteuil roulant du fauteuil pour ouvrir à Mme F M..un espace de liberté et lui permettre de renouer des liens sociaux (rencontres avec ses voisins dans un petit square, aller voir les enfants jouer, promenades)
- Le fauteuil roulant lui permet d'être toujours avec moi : en cuisine, dans les pièces où je travaille.: cela contribue à la stimuler, de la faire participer à la vie de sa maison. Je peux lui parler, l'intégrer à mes activités du quotidien.
- Mme F. M. est soulagée se déplacer sans fournir les efforts considérables que la marche lui demande. : elle retrouve le plaisir des promenades plus diversifiées, se sent en sécurité, dépense moins d'énergie car la marche l'épuisait et l'effrayait.
- Mme F.M. est moins fatiguée, moins stressée, moins isolée : .Mme F M. accepte plus facilement les moments de mobilisation.
- Je peux la lever très facilement de son "relax" pour les transferts sur fauteuil roulant et la chaise percée qui permet une régulation du transit, de moins se souiller, d'éliminer les risques de chutes dans les WC
- Malgré la régression de sa mobilité, Mme F. M. a pu ainsi être mobilisée tout au long de la journée (transferts, verticalisation ), être stimulée et sortir de son isolement.
Actes essentiels : repérer les besoins et les capaciités
4.2 - Expériences en rapport avec le domaine de compétence 2 du DE AVS
Domaine de compétence 2 du DE AVS : Accompagnement et aide individualisée dans les actes essentiels de la vie quotidienne
3° A partir d'une ou deux situations rencontrées (vous pouvez utiliser les situations décrites précédemment), Expliquez comment vous repérez les besoins et les capacités des personnes et comment vous évaluez les facteurs de progression ou de régression des personnes ?
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Situation 2
Mme V. M-A. : 65 ans, atteinte de la maladie d'Alzheimer depuis 5 ans. Milieu modeste. Couple très uni, enfants éloignés géographiquement. Mari épuisé, désespéré, santé précaire. Intervention d'un kinésithérapeute et d'une orthophoniste.
Mon intervention (mandataire) : 3h30 deux jours par semaine pour toilette, change de confort, donner repas de midi, sorties dans le parc de l'immeuble.
Aide à la toilette
Mme V. M.-A. ne veut plus ni être levée, ni être lavée
Renseignements que j'ai à ma prise de fonction
- Mme V. M.-A était coquette et prenait soin de sa personne avant la survenue de la maladie.
- Que Mr V. a renoncé à l'intervention des soins infirmiers pour la toilette.
- Les vêtements que me propose sot mari sont sales et en mauvais état.
- Qu'à mon arrivée, Mme V. M.-A. a pris son déjeuner au lit. Literie pas très propre.
- Que la toilette est source d'angoisse pour Mr V. et qu'il transmet celle-ci à sa femme.
- Que Mme V. M.-A. a besoin de temps pour sortir du confort du lit et accepter l'idée de se lever et se laver.
" Et je vous dis que la vie est réellement obscurité, / Sauf là où il y a élan, / Et tout élan est aveugle sauf là où il y a le savoir / Et tout savoir est vain sauf là où il y a le travail / Et tout travail est vide sauf là où il y a amour. / Et qu'est-ce que travailler avec amour ? / C'est mettre en toute chose que vous façonnez / Un souffle de votre esprit ".
KHALIL GIBRAN source : CEC
Ce que je propose à Mr et Mme V. M.-A.
- De faire la toilette au lit (médicalisé)
- Que Mr V. profite de ce moment pour me rechercher des vêtements plus élégants et en bon état mais pratiques à mettre et adaptés aux besoins actuels (amples, confortables, couleurs gaies).
Toilette au lit de Mme V. M.-A
- Je commence par le visage, avec douceur, en lui parlant : Mme V. M.-A. devient souriante.
- Je procède lentement, lui demandant toujours si elle est bien, si elle n'a pas froid, si elle se sent bien.
- Je termine en lui mettant du lait hydratant sur le corps et une crème de soin sur le visage.
Facteurs de progression
- Mme V. M.-A. apprécie la douceur, et le respect de sa volonté de rester au lit.
- Son mari retrouve des vêtements qu'elle aime et qui lui vont bien : elle sourit et me permet de l'habiller.
- Je lui demande de s'asseoir sur le bord de son lit pour se regarder dans le glace : surprise et heureuse en se voyant.
- Je lui propose le transfert sur le fauteuil roulant qu'elle accepte de suite.
- Je l'emmène dans la salle de bains se brosser les dents et lui propose un léger maquillage et du parfum : Mme V. M.-A. manifeste son plaisir par de grands sourires.
- Ensuite, selon sa fatigue et ce dont m'informe son mari, j'ai pu faire la toilette sans difficultés soit au lit, soit dans la salle de bains (petite et peu pratique avec le fauteuil roulant)
- Plus de refus pour se laver et se lever : Mme V. M.-A. se sent bien quand elle est propre et bien habillée, se regarde à nouveau dans la glace.
Actes essentiels : ètablir et renforcer une relation de confiance
4.2 - Expériences en rapport avec le domaine de compétence 2 du DE AVS
4° A partir d'une situation donnée, décrivez comment vous avez utilisé des actes essentiels de la vie quotidienne pour établir et renforcer la relation d'aide à la personne
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Le sommeil
Mme L. M-H. : 98 ans, mobilité réduite des membres inférieurs et supérieurs. Problèmes cardiaques. Santé fragile. Rhumatismes déformants aux mains. Lucide. Milieu très aisé..Tutelle.
Je sais qu'elle est très angoissée par l'idée de la mort Crises d'angoisse. Quelques épisodes délirants avec hallucinations, survenus brutalement. Changement de traitement médical : recouvre sa lucidité.
Mon intervention (mandataire) : 7 remplacements effectués: de jour (12h/jour, 3 jours d'affilée (mission de 3 semaines), en weekend (24h/24) et nuits.
Renseignements transmis
Mme L. M.-H dort bien, se lève pour aller aux toilettes où nous devons l'accompagner pour éviter les chutes. Une chambre est mise à notre disposition et nous devons intervenir 2 à 3 fois par nuit lorsque Mme L. M.-H appelle. Elle ne supporte pas que l'on mette les barrières du lit médicalisé, : cela provoque en elle de violentes crises d'angoisse mais peut se lever seule sans risques.
Les Fleurs du Mal 1890
" Sur le fond de mes nuits Dieu de son doigt savant
Dessine un cauchemar multiforme et sans trêve. "
Observations
- Mme L. M.-H. a été récemment hospitalisée : troubles cardiaques, déshydratation
- Mme L. M.-H. est inquiète pour son cousin malade et éloigné pour lequel elle a beaucoup d'affection.
- A mon arrivée le soir (20H 30) :Mme L. a hâte d'aller se coucher.
Nuit : Établir la relation d'aide
- Préparation du coucher : toilette faite très doucement, crème hydratante visage et corps pour la détendre : je dois renouer le contact avec elle, il y a un certain temps que je ne suis pas intervenue auprès de Mme L. M.-H.
- Je vérifie que le lit est bien fait, et la température de la pièce.(pas trop élevée, pièce aérée)
- Je l'accompagne jusqu'à son lit et l'aide à se coucher : je la maintiens pour qu'elle s'assoit doucement sur le bord de son lit puis je soutiens ses jambes pour l'allonger.
- Je reste bavarder un moment avec elle, quand je vois que le sommeil la gagne, je lui souhaite une bonne nuit. Elle me demande alors son médicament de nuit.
- Je lui rappelle que je suis dans la pièce adjacente, quelle ne doit pas hésiter à m'appeler, que je ne dors pas, que je viens régulièrement m'assurer que tout va bien.
- Je laisse une lumière tamisée dans la chambre.
En agissant ainsi, je me suis rendu compte :
- Que Mme L. M.-H. s'endort de suite, mais pour une période d'une heure et demi.
- Qu'ensuite, Mme L. M.-H. reste les yeux ouverts et exorbités : hallucinations (petites bêtes et personnes dans sa cuisine). Je l'écoute sans la contredire et oriente la discussion vers un sujet concret.
- Je suis restée assise dans un fauteuil, lui tenant la main et lui parlant doucement.
- Mme L. M.-H. se rendort. Lorsqu'elle se réveille à nouveau (2h plus tard)., agitée. Je la rassure, lui demande ce qui l'angoisse : Mme L. M.-H. me parle alors de la mort de son mari et "du trou noir", elle me confie qu'elle a été incapable d'entrer dans le cimetière pour l'enterrer.
- Je l'accompagne aux toilettes et lui donne un verre d'eau.
- Mme L. M.-H. a toujours peur de déranger : je la rassure en lui disant que j'aime bien travailler de nuit, que je peux me reposer le jour, que j'aime bien l'intimité de la nuit et le silence qui règne.
- Je lui dit que je me repose mieux près d'elle dans le fauteuil, que d'être aux aguets dans la chambre, et inquiète de son bien-être.
Le Gouffre
Pascal avait son gouffre, avec lui se mouvant. / – Hélas ! Tout est abîme, – / action, désir, rêve, / Parole ! Et sur mon poil qui tout droit se relève / Maintes fois de la Peur je sens passer le vent. / En haut, en bas, partout, la profondeur, la grève, / Le silence, l'espace affreux et captivant... / Sur le fond de mes nuits Dieu de son doigt savant / Dessine un cauchemar multiforme et sans trêve. / J'ai peur du sommeil comme on a peur d'un grand trou, / Tout plein de vague horreur, menant on ne sait où ; / Je ne vois qu'infini par toutes les fenêtres, / Et mon esprit, toujours du vertige hanté, / Jalouse du néant l'insensibilité. / Ah ! Ne jamais sortir des Nombres et des Êtres !
Charles Baudelaire : Les Fleurs du mal
Renforcer la relation d'aide
- Mme L. M.-H. s'assure de ma présence en cherchant ma main pendant son sommeil.
- Dès que Mme L. M. -H se réveille son regard se tourne vers le fauteuil et elle me tend la main.
- Mme L. M.-H. a peu d' hallucinations et de courtes durées : elle se sent apaisée.
- Son visage est détendu lorsqu'elle se rendort, son sommeil est de meilleur qualité.
- Mme L. M.-H.se réveille plus tôt le matin, de bonne humeur, va aux toilettes d'un bon pas et déjeune bien.(au lit, c'est son habitude)
- En attendant l'arrivée de ma collègue, Mme L. M.-H. se recouche : elle sait qu'elle a traversé des moments "où elle n'avait plus sa tête" : elle me demande comment c'est passé la nuit, si elle a déliré, si elle ne m'a pas dérangée. Je reste près d'elle pour discuter.
- Cette nuit, une relation de confiance s'est établie.
Actes essentiels : respect de l'intimité des personnes
4.2 - Expériences en rapport avec le domaine de compétence 2 du DE AVS
Domaine de compétence 2 du DE AVS : Accompagnement et aide individualisée dans les actes essentiels de la vie quotidienne
5° A partir d'exemples, expliquez comment vous procédez pour respecter l'intimité des personnes
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Pour tout type de public
Intimité, vie privée et pudeur
:Le lieu de vie reste la propriété propre de la personne aidée où se déroule sa vie privée, familiale, sociale et intime. Nous devons concilier l'exigence de vigilance, les impératifs de sécurité et l'aide aux gestes essentiels de la vie avec le respect de l'intimité de la personne aidée. Même lorsque j'ai la clé de l'appartement, je sonne, attends quelques minutes et entre en me nommant, quand personne n'est pas en mesure de m'ouvrir.
Accompagnement aux toilettes
Mme A. R. : 100 ans, lucide, mobilité réduite (problème au genou droit :diagnostic incertain). Mme A. R.. a besoin de sa canne, de points d'appuis et de mon aide pour se déplacer. Pas d'incontinence. Intervention d'un kinésithérapeute. Vit avec sa fille. Milieu aisé.. Mon intervention (mandataire) . 5H tous les mercredis (CDI) Aide aux actes de la vie quotidienne.
Je sollicite Mme A. R. pour l'accompagner aux WC car elle ne peut y accéder sans mon aide. Les WC sont équipés de barres d'appuis et d'un réhausseur. Mme A. ne souhaite ma présence que pour s'asseoir et se lever.Je referme la porte mais reste derrière, attentive aux bruits. Lorsqu'elle tire la chasse d'eau, "c'est le signal" : je frappe à la porte, elle m'invite à rentrer. Il est possible que je doive l'aider à se lever et je l'assiste pour bien réajuster ses vêtements. Je dois lui rappeler de se laver les mains. Mme A. R. sait parfaitement ce qu'elle peut ou non faire seule : elle veut être le plus autonome possible mais sans prendre de risques.
La pudeur Musée du Louvre
Transferts sur chaise percée
Mme F. M. : 71 ans à mon entrée en fonction, atteinte de la maladie d'Alzheimer (malade depuis depuis 5 ans dans cet exemple) .Syndrome parkinsonien associé. Milieu très aisé. Veuve, sans enfant, sans famille proche. Intervention d'une kinésithérapeute. Accompagnée 24H/24 et soins infirmiers en place dans cet exemple Curatelle :Mlle P. C. amie de Mme F.M depuis 40 ans. Mon intervention (mandataire) : de juin 1999 à mai 2008. Temps plein : 2 après-midi, une nuit, et dimanche
Lors des transferts sur la chaise percée, Mme F.M. apprécie que je sois près d'elle : je l'emmène dans la salle de bains. Elle aime que je sois volubile, que je plaisante. En raison de son état de santé, je dois en permanence être vigilante et prête à intervenir (malaise, crise d'épilepsie). Pour ne pas lui manquer de respect, je me trouve toujours une occupation (rangement, vêtement à laver à la main...).
Je prépare le nécessaire pour la toilette intime. Je place la chaise percée de façon à pouvoir observer Mme F. M. en regardant dans la glace de l'armoire à pharmacie. Si quelqu'un entre dans l'appartement à ce moment-là, je demande de patienter un moment au salon et ferme la porte de la salle de bains.
" Les soins d'hygiène représentent une part très importante de l'activité soignante.
Nécessaire, ce travail n'en est pas moins jugé par les soignants (infirmières ou aides-soignantes) comme une corvée, même s'ils proclament que la toilette est un soin très important pour la personne soignée. Ce livre traite de l'écart considérable, voire de la contradiction, entre d'une part l'idéalisation des soins d'hygiène, sources de bien-être, de réconfort, d'une relation privilégiée (notamment pour les " grands malades " et en gériatrie), et d'autre part la réalité pratique fuie et dévalorisée par l'ensemble des soignants, y compris les aides-soignantes." (extrait)
Toilette
Mme P. L. : 85 ans, milieu modeste, atteinte de la maladie d'Alzheimer depuis 1 an. Incontinence nocturne. Placement en maison de retraite médicalisée prévu : Mme P.L. en est informée .Déni du problème de santé, négation du besoin d'aide. Mme P.L refuse de se laver, de manger les repas proposés. Mme P.L. ne s'exprime que par l'opposition, la violence, verbale et physique. Mon intervention (mandataire) : mi-temps, le matin de 9H à 13H. Lever, petit déjeuner, courses, préparation du déjeuner, entretien du lieu de vie et du linge.
Je respecte la pudeur de la personne aidée, je ne force pas la nudité : il faut déjà et avant tout établir le contact et une relation de confiance, lui accorder du temps.
Mme P. L. ne veut pas retirer sa chemise de nuit souillée pour faire sa toilette : va en cuisine hurle et me menace Je lui propose de mettre son soutien-gorge et sa culotte, (ce qu'elle peut faire seule, si je les lui sors de la commode) pour prendre sa douche. Accepte mon aide pour lui laver le dos.Je l'enveloppe dans son peignoir dès la sortie de la douche, et la sèche par frictions. Peu à peu, en bavardant, je peux l'aider à retirer le peignoir et les sous-vêtements mouillés. Je continue à la sécher en l'enveloppant de grandes serviettes de bains. Je laisse Mme P.L. faire sa toilette intime au gant en détournant mon regard (je nettoie la douche). Ma présence auprès d'elle est indispensable car Mme P .L. ne maîtrise pas l'usage des robinets et doit être guidée dans ses actes. (Mme P.L a déjà frappé l'infirmière qui intervenait pour la toilette)
Intimité
" Peu de temps auparavant, Wilson avait rendu visite à sa collaboratrice de longue date, la chorégraphe et danseuse Suzushi Hanayagi, qui vit depuis plusieurs années dans une maison de retraite au Japon. Atteinte de la maladie d'Alzheimer, elle passait le plus clair de son temps dans un fauteuil roulant et avait quasiment perdu toute capacité à se mouvoir. Au cours de sa visite, Wilson s'est aperçu qu'encouragée à faire de petits gestes, des mouvements de danse mille fois exécutés par le passé, elle semblait recouvrer des parcelles de mémoire. Il a entrepris alors de créer une soirée en son hommage. Ce portrait vidéo témoigne du cheminement d'un artiste vers un autre, une manière pour Robert Wilson de retisser les liens avec une amie chère qui fut un mentor et qui est proche de disparaître "
Intimité artistique et créatrice (hors Livret 2)
Couple
Quand la personne aidée n'a manifestement pas besoin de mon aide, je laisse le couple seul. Si je dois accomplir un acte essentiel avec la personne aidée (l'inciter à aller aux toilettes, la mobiliser, soins d'hygiène, donner à boire etc), je manifeste mon approche par un signe discret (toussotement) et frappe à la porte, même si celle-ci est ouverte.
Pour chacun des actes mettant en cause l'intimité de la personne, je m'assure que la pièce où il se déroule est protégée des regards extérieurs (rideaux tirés ou stores baissés) et demande au tiers, quel qu'il soit, de respecter l'isolement de la personne.
Actes essentiels : développement ou maintien de l'autonomie
4.2 - Expériences en rapport avec le domaine de compétence 2 du DE AVS
Domaine de compétence 2 du DE AVS : Accompagnement et aide individualisée dans les actes essentiels de la vie quotidienne
6° A partir d'une ou deux situations rencontrées, expliquez comment vous pouvez participer au développement ou au maintien de l'autonomie des personnes ?
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Situation 1 : développement de l'autonomie
Mme D. J. : 87 ans, forte corpulence, autoritaire, confuse par moments. Milieu aisé. Mari dépressif. Fils habitant le même immeuble (ainsi que sa sœur (Mlle C. P.) et deux de ses petits enfants. Fracture du col du fémur (droit). Se déplace avec un déambulateur. Lit médicalisé. Rééducation avec un kinésithérapeute : progrès rapides. Ne peut se laver seule.
Mon interventipon (mandataire) : 1H30, samedi et dimanche matins pour : lever, toilette non prescrite médicalement, etit déjeuner, entretien (mêmes horaires en semaine pour ma collègue).
Premier week-end
Aucun problème : se lève aisément et souriante. Toilette au lavabo dans la bonne humeur.
Second week-end
Le samedi
- Mme D.J refuse de se lever, hurle pour que je la laisse tranquille. Mme D. J. ne veut pas faire sa toilette, elle veut rester au lit.
- Tout en faisant les préparatifs habituels, je lui parle : lui demande si elle a passé une bonne semaine, une bonne nuit. Mme D. J. ne commence à crier que lorsque je lui présente le déambulateur pour se lever.

Evaluation
- Je pense que Mme D.J. a besoin d'évacuer la colère d'être handicapée : femme forte qui "a toujours été solide comme un roc". Caractère autoritaire : Mme D.J. veut décider elle-même, ne veut pas que je lui impose. Je lui parle sereinement, je lui dis simplement qu'elle sera plus à l'aise une fois lavée (protection de nuit souillée).
- Je reconnais que sa colère est légitime mais que crier la fatigue. Je lui rappelle que la toilette est aussi un moment de détente, de relaxation, que le weekend précédent, nous en avions fait un moment très agréable.
- Je m'adapte et décide de faire la toilette au lit : Mme D. J. crie quand je commence à lui laver le visage mais de suite se calme et apprécie.
- Je l' essuie doucement et mets la crème hydratante. Mme D. J. devient souriante et me parle aimablement.
- Pour le reste de la toilette Mme D. J. est très active : elle connait parfaitement les gestes à accomplir à chaque étape : se mettre sur le côté, s'accrocher à la potence. Je lui fait remarquer que c'est plus fatigant pour elle que pour moi. Nous rions.
- A la fin de la toilette : je l' aide à s'habiller, l'accompagne aux WC, puis à la cuisine pour son déjeuner.
Expressions de la Colère
Développement de l'autonomie
- De week-end en week-end, je lui fais remarquer qu'elle fait de réels progrès : elle peut faire quelques pas sans déambulateur, elle redevient autonome :se lève avec moins de difficultés, si je relève la tête du lit et l'aide pour s'asseoir sur le bord du lit. se met debout seule. Elle retrouve espoir et confiance.
- Chaque weekend, je lui parle de son courage et de sa force de caractère.
- J'ai obtenu un marche-pied qui permet à Mme D.J d'accéder à la douche déjà munie de barres d'appuis et de la possibilité de s'asseoir.
- Quand je vois que Mme D. J. a du mal à marcher ou ne se sent pas bien, j'accepte la toilette au lavabo car au lever, sa jambe blessée est très endolorie et douloureuse. En plus, elle a besoin de s'assurer que "c'est elle la maîtresse" (mari et fils décident de tout pour elle).
- Je demande à son mari de ne plus intervenir lors de la toilette. et du petit déjeuner : je souhaite que Mme D. puisse exprimer ses désirs et me parler librement (son époux pleure, se plaint du coût de mon intervention, discours toujours très négatif voire morbide).
- Je n'insiste que pour accompagner Mme D. J. aux WC car même si elle refuse, il est souvent urgent d'y aller.
- Maintenant, elle aime que je lui fasse des shampooings et refuse les vêtements tachés (très peu d'habits à sa taille). Mme D. J. retrouve plaisir à être propre, à avoir les cheveux lavés (hygiène non assurée hors notre temps de présence).
- J'ai, avec l'appui de l'ergothérapeute et de ma collègue, suggéré l'achat d'un fauteuil adapté pour qu'elle puisse se lever seule et marcher dans la journée et s'y reposer confortablement.
- Je lui demande de m'aider pour ranger la cuisine car elle peut s'y déplacer sans déambulateur et retrouve son rôle de maîtresse de maison.
Actes essentiels : dévelppement ou maintien de l'autonomie
4.2 - Expériences en rapport avec le domaine de compétence 2 du DE AVS
Domaine de compétence 2 du DE AVS : Accompagnement et aide individualisée dans les actes essentiels de la vie quotidienne
6° A partir d'une ou deux situations rencontrées, expliquez comment vous pouvez participer au développement ou au maintien de l'autonomie des personnes ?
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Situation 2
Mlle C. P. : 91 ans. Retour de l'hôpital suite à des brûlures graves aux jambes. Escarres aux talons et fessiers. Vit seule dans son appartement (immeuble habité par sa famille proche : sœur , son neveu, petits-neveux) .Mme C. P.se déplace avec un déambulateur et mon aide. Chaque mouvement la fait souffrir. Mlle C. P. est hypersensible : le moindre effleurement de son corps, de son visage lui arrache des hurlements de douleur. Bon appétit. Boit peu. Pas d'incontinence.
Mon intervention : samedi et dimanche 3 fois 1H/30 (matin, midi, soir). Mêmes horaires pour ma collègue en semaine. Aide aux actes de la vie quotidienne, entretien du lieu de vie et du linge, courses et préparation des repas.
Retour au domicile non-préparé (pas de lit médicalisé, pas de coussins anti-escarres, etc). Soins infirmiers pour plaies, escarres, prise de médicaments. Épisodes délirants - Hallucinations - Dégoût de la nourriture avec nausées et vomissements notifiés sur le rapport du Centre hospitalier.
le chemin de la Mort Ntota
Développement de l'autonomie
- A ma prise de service, j'explique au neveu de Mlle C. P. que le temps d'intervention me semble tout à fait insuffisant pour accomplir les tâches demandées.
- Mlle C. P. est seule très longtemps chez elle : elle ne peut se déplacer sans mon aide. Malgré l'absence d'incontinence, je lui mets des protections car Mlle C. P. se souille.
- Je ne peux pas faire face à tous les actes essentiels (toilette, préparation des repas, mobilisation, soins d'hygiène et de confort en aussi peu de temps, compte tenu de l'état de santé très précaire de Mlle P.C. et de ses souffrances qui m'obligent à agir très doucement et délicatement.
- Je ne dispose pas du strict minimum : linge de toilette en quantité très insuffisante (5 gants et serviettes de toilette), pas de gants non-tissés pour les soins d'hygiène.
- En mon absence, je suis obligée de laisser Mlle C. P. au lit car elle ne dispose pas de fauteuil confortable : assise, elle glisse et risque de tomber.
- J'ai informé la responsable de l'association (ma collègue aussi) et un rendez-vous a été pris avec l'ergothérapeute, le neveu de Mlle C. P. Les infirmières ont transmis les informations au médecin car il nous est difficile d'envisager une amélioration de l'état de sante de Mlle C. P. dans ces conditions.
Organiser le Maintien à Domicile
Quelques améliorations obtenues
- J'ai demandé que le médecin prescrive en urgence un lit médicalisé avec matelas anti-escarres, ce qui me permets de pratiquer les toilettes intimes et les changes au lit de façon plus minutieuse et de mieux détecter l'apparition de signes alarmants (zones violacées, apparition de plaies) et de les signaler (cahier de transmission et transmission verbale à son neveu et aux infirmières)
J'ai pu ainsi , en collaboration avec ma collègue et les soignants obtenir que Mlle C. P. dispose :
* d'un fauteuil relax, où elle est confortablement assise, et peut allonger ses jambes pour soulager ses douleurs.
* d'un coussin anti-escarres pour atténuer l'évolution des escarres fessiers.
* une table roulante à hauteur adaptable : je peux ainsi, à chaque fin d'intervention, lui laisser à portée de main : le téléphone, la télécommande du téléviseur, à boire, des revues).
J'ai concentré mes efforts et mon attention aux actes essentiels : soins d'hygiène, prévention d'escarres (marche, changement de position), préparation et aide aux repas et surtout hydratation. (Dénutrition et déshydratation sont notées sur le rapport du Centre Hospitalier, ainsi que le troubles psychiques)
Difficultés du maintien à Domicile
Conclusion
Il apparaissait clairement aux aidants et aux soignants que l'état de santé ne permettait pas à Mme C.P. de rester seule, chez elle, sans les soins et les aides humaines adaptées.
Cette personne est évoquée dans l'introduction de ce blog sous la rubrique COLÈRES
Œuvres de Kooning alors qu'il souffrait de la maladie d'Alzheimer
Vie sociale et relationnelle : activités
4.3 - Expériences en rapport avec le domaine de compétence 3 du DE AVS
Domaine de compétences 3 du DE AVS : accompagnement de la vie sociale et relationnelle
3° A partir d'une ou deux situations rencontrées, décrivez comment vous avez incité les personnes aidées à réaliser des activités dans la journée
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Situation 1
Mme G. H. : 78 ans, atteinte de la maladie d'Alzheimer. depuis 2 ans. Veuve. Problème d'alcoolisme. Très mobile, s'exprime bien. Mémoire récente défaillante, confusion, très violente. Trois enfants, rapports familiaux conflictuels. Milieu : semble avoir dilapidé tous ses biens. Les enfants : milieu moyen et très aisé. Sous tutelle d'une de ses filles que je n'ai jamais rencontrée (milieu artistique, très aisé). Habite un nouveau studio (Mme G. H. a provoqué l' incendie de son appartement en s'endormant avec une cigarette). Mon intervention : temps plein, du lundi au vendredi après-midi (de 13H à 20H30)
Contexte : Je ne dispose d'aucun budget ni pour les loisirs ni pour les transports.
Inciter à avoir des activités
Je dédramatise le manque d'argent, et explique à Mme G. H. que nous pouvons faire preuve d'imagination. Je lui demande, à part les achats, ce qui éveille son intérêt. Mme G.H. souhaite se rendre dans son ancien quartier, car ici, elle n'a pas d'amis, veut aller au cinéma, visiter des expositions et marcher dans les rues qu'elle aime particulièrement. Les enfants refusent que Mme G.H. aille au cinéma car "elle ne comprend plus le film et oublie", et, de plus, le prix d'une entrée est élevé.
L'autonomie est un droit, pas un luxe
Promenades et sorties
Je ne dispose que de deux tickets de métro par semaine pour accompagner Mme G.H. à son rendez-vous l'après-midi chez l'orthophoniste, dans le Centre-Ville. Ces jours-là, ma collègue lui propose son déjeuner tôt pour qu'elle fasse la sieste et que nous puissions sortir de bonne heure. Je prends un sac avec de l'eau, je l'aide à vérifier si elle a bien ses titres de transports, mouchoirs, porte-feuille et rouge à lèvres dans le sien (ainsi que son cahier d'exercices).
Mme G.H. met des chaussures de marche confortables et nous partons bien avant l'heure du rendez-vous : je lui fais découvrir les rues adjacentes, visiter une exposition dont l'entrée est libre. Je l'invite à aller à pied dans des rues piétonnes animées où elle s'amuse des spectacles de rues.
Au retour, je lui propose toujours une promenade en descendant une station de métro avant ou après la sienne, ce qui lui permet de découvrir d'autres aspects de son quartier. J'ai pu aussi l'accompagner dans son ancien quartier.
Je propose à Mme G. H. de prendre contact avec le prêtre de sa paroisse et d'assister aux après-midi de rencontres et de jeux de société. Elle se fait ainsi des relations : Mme G. H. aime briller en société et se concentre pour cacher sa maladie. Je l'y accompagne une fois par semaine.
Malgré les réticences de l'entourage familial, les fêtes de Noël ont permis de nous orienter en cette direction, notamment en permettant Mme G.H. d'assister à la célébration de la messe de Minuit
Conseil Permanent de la Conférence des évêques de France : Bioéthique
Situation 2
Mme F. M. : 71 ans à mon entrée en fonction, atteinte de la maladie d'Alzheimer (malade depuis depuis 5 ans dans cet exemple) .Syndrome parkinsonien associé. Milieu très aisé. Veuve, sans enfant, sans famille proche. Intervention d'une kinésithérapeute. Accompagnée 24 H / /24 et soins infirmiers en place. Curatelle :Mlle P. C. amie de Mme F.M depuis 40 ans. Mon intervention (mandataire) : de juin 1999 à mai 2008. Temps plein : 2 après-midi, une nuit, et dimanche.
A ma prise de fonction
Mme F. M. peut assister à des expositions de peinture, visiter des musées et continuer toute activité culturelle de son choix. Je collecte alors des documents illustrés, articles de presse, cartes postales qu' ensemble nous rangeons dans un classeur. Je note, ce qui lui a plu, ses réactions, tout fait marquant, ce qu'elle me dit.
Inciter à avoir des activités
Lorsque son état de santé n'a plus permis ces activités, j'ai proposé à Mme F.M. de ranger le petit salon où se trouvent les bibliothèques, les albums, et les boîtes de photos anciennes. Je sais qu'elle aimait lire et se reposer dans cette pièce. En sa présence, j'ai rangé pour qu'elle ait accès aux rayonnages de la bibliothèque avec le fauteuil roulant. (Son curateur participe à ce rangement, qu'elle voulait faire depuis longtemps).
Marc Chagall
J'installe Mme F.M. confortablement sur le canapé et je feuillette avec elle.la documentation que nous avons réunie. J'observe ses réactions :quand son attention est retenue par une reproduction de tableau, je lui reparle de l'exposition, la transfère sur le fauteuil roulant et l'aide à rechercher dans la bibliothèque un livre sur l'artiste ou le catalogue de l'exposition. Si son regard s'arrête sur une vue de Paris, je la conduis devant le rayonnage des livres illustrés concernant Paris.
Jamais je ne lui demande si elle se souvient : je ne veux pas la mettre en situation d'échec. Nous redécouvrons mais Mme F. M. n'a pas pu imprimer de souvenirs. Mme F. M. ne se concentre que peu de temps, son intérêt ne reste éveillé que durant 15 mn environ, mais cette activité de stimulation peut être renouvelée régulièrement.
Je propose de trier les photos (souvenirs de famille) dans des albums : je mets de côté celles auxquelles elle réagit et dont elle essaie de me parler. Son curateur, Mlle P.C. qui connait ces photos se charge de lui en parler et me donne les indications pour les ranger en albums, noter les noms, dates et lieux et évènements auxquelles elles se rattachent.
Je fais redécouvrir à Mme F. M. ses livres en langue anglaise : elle sourit, les prend en main, essaie de lire, prononce quelques mots ou bribes de phrase. Des souvenirs semblent surgir : Mme F. M. est parfaitement bilingue et aime cette langue.
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