4.2 - Expériences en rapport avec le domaine de compétence 2 du DE AVS
Domaine de compétence 2 du DE AVS : Accompagnement et aide individualisée dans les actes essentiels de la vie quotidienne

6°A partir d'une ou deux situations rencontrées, expliquez comment vous pouvez participer au développement ou au maintien de l'autonomie des personnes ?
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Situation 1 : développement de l'autonomie

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Mme D. J. : 87 ans, forte corpulence, autoritaire, confuse par moments. Milieu aisé. Mari dépressif. Fils habitant le même immeuble (ainsi que sa sœur (Mlle C. P.) et deux de ses petits enfants. Fracture du col du fémur (droit). Se déplace avec un déambulateur. Lit médicalisé. Rééducation avec un kinésithérapeute : progrès rapides. Ne peut se laver seule.
Mon intervention  (mandataire)  : 1H30, samedi et dimanche matins pour : lever, toilette non prescrite médicalement, petit déjeuner, entretien (mêmes horaires en semaine pour ma collègue).

Premier week-end

Aucun problème : se lève aisément et souriante. Toilette au lavabo dans la bonne humeur.

Second week-end

Le samedi

-  Mme D.J refuse de se lever, hurle pour que je la laisse tranquille. Mme D. J. ne veut pas faire sa toilette, elle veut rester au lit.
- Tout en faisant les préparatifs habituels, je lui parle : lui demande si elle a passé une bonne semaine, une bonne nuit. Mme  D. J. ne commence à crier que lorsque je lui présente le déambulateur pour se lever.

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Colère

Évaluation

- Je pense que Mme D.J.  a besoin d'évacuer la colère d'être handicapée : femme forte qui " a toujours été solide comme un roc ". Caractère autoritaire : Mme D.J. veut décider elle-même, ne veut pas que je lui impose. Je lui parle sereinement,  je lui dis simplement qu'elle sera plus à l'aise une fois lavée (protection de nuit souillée).
- Je reconnais que sa colère est légitime mais que crier la fatigue. Je lui rappelle que la toilette est aussi un moment de détente, de relaxation, que le weekend précédent, nous en avions fait un moment très agréable.
- Je m'adapte et décide de faire la toilette au lit :  Mme D. J. crie quand je commence à lui laver le visage mais de suite se calme et apprécie.
- Je l' essuie doucement et mets la crème hydratante. Mme D. J.  devient souriante  et me parle aimablement.

- Pour le reste de la toilette Mme D. J. est très active  : elle connaît parfaitement les gestes à accomplir à chaque étape : se mettre sur le côté, s'accrocher à la potence. Je lui fait remarquer que c'est plus fatigant pour elle que pour moi. Nous rions.

- Mme D. J. me dit qu'elle était professeur d'espagnol : elle s'amuse de me voir essayer de retrouver mots et phrases dans cette langue et essaie d'améliorer ma prononciation. Aime se souvenir de ses cours, de Lorca, Guernica .... d'autant plus que son mari, toujours inquiet et aux aguets ne comprend pas l'espagnol !

- A la fin de la toilette : je l'aide à s'habiller, l'accompagne aux WC, puis à la cuisine pour son déjeuner.

Développement de l'autonomie

-  De week-end en week-end,  je lui fais remarquer qu'elle fait de réels progrès : elle peut faire quelques pas sans déambulateur,  elle redevient autonome : se lève avec moins de difficultés, si je relève la tête du lit et l'aide pour s'asseoir sur le bord du lit. se met debout seule. Elle retrouve espoir et confiance.
- Chaque week-end, je lui parle de son courage et de sa force de caractère.
- J'ai obtenu un marche-pied qui permet à Mme D.J  d'accéder à la douche déjà munie de barres d'appui et de la possibilité de s'asseoir.
- Quand  je vois que Mme D. J.  a du mal à marcher  ou ne se sent pas bien, j'accepte la toilette au lavabo car au lever, sa jambe blessée est très endolorie et douloureuse. En plus, elle a besoin de s'assurer que  " c'est elle la maîtresse "  (mari et fils décident de tout pour elle).
- Je demande à son mari de ne plus intervenir lors de la toilette. et du petit déjeuner : je souhaite que Mme D. puisse exprimer ses désirs et me parler librement (son époux pleure, se plaint du coût de mon intervention, discours toujours très négatif voire morbide).

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- Je n'insiste que pour accompagner Mme D. J. aux WC car même si elle refuse, il est souvent urgent d'y aller.
- Maintenant, elle aime que je lui fasse des shampooings et refuse les vêtements tachés (très peu d'habits à sa taille). Mme D. J. retrouve plaisir à être propre, à avoir les cheveux lavés (hygiène non assurée hors notre temps de présence).
- J'ai, avec l'appui de l'ergothérapeute et de ma collègue, suggéré l'achat d'un fauteuil adapté pour qu'elle puisse se lever seule et marcher dans la journée et s'y reposer confortablement.
- Je lui demande de m'aider pour ranger la cuisine car elle peut s'y déplacer sans déambulateur et retrouve son rôle de maîtresse de maison.

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